24 juin 2009
Robin - partie 7 (nouvelle)
Un matin de février vers sept heures, alors que le pain grillait et que le café fraîchement coulé diffusait son parfum chaleureux, Charles Edouard prit une résolution ferme en voyant Robin entrer dans la pièce. Assis à table, dos à la fenêtre, dans la lumière blanche de la cuisine qui donnait sur la rue enneigée, il posa sa tasse et replia son journal. Il ne tolérerait pas un jour de plus de faire comme si de rien n'était. Robin ne souriait plus, Robin avait perdu sa belle humeur électrisée d'enthousiasmes innombrables, Robin n'était plus le même et ça ne pouvait plus durer ainsi. Fort d'une confiance toute neuve chèrement acquise auprès d'un psy réputé et après des fêtes de fin d'année extrêmement éprouvantes qui l'avait vu affronter sa mère pour la première fois de son existence (avec un succès mitigé), l'homme nouveau qu'il était, dès le salut quotidien échangé, affermit en lui la décision de l'interroger. Il lui laissa le temps de faire ses habituels œufs sur le plat et n'attaqua que losrqu'il se fût installé en face de lui.
— Ça va ?
— Mh.
Transgresser l'accord tacite qui s'était forgé entre eux, accord fait de bienveillance, de pudeur et de discrétion, n'avait rien d'évident. Il prit le risque alors que Robin, qui s'était relevé pour prendre le jus d'ananas dans le frigo, lui tournait le dos.
— Pourquoi tu ne me parles pas ?
La question, aussi inattendue que brutale, suspendit Robin dans son geste. Il referma le réfrigérateur en oubliant d'y prendre ce qu'il était venu y chercher et se sentit rougir au dernier degré. Qu'est-ce qui lui prenait de le violenter ainsi à l'issue de sa longue nuit de travail ? Il lui fit face sans trop savoir comment garder sa contenance.
— Comment ça ?
— Ça crèverait les yeux à un aveugle que tu n'as pas le moral en ce moment. Alors, pourquoi tu ne me dis rien?
— Mais non. Ça va, je t'assure…
— Robin.
Il le scruta jusqu'à lui faire baisser les yeux, ce qui n'était absolument pas son but. Le garçon se laissa choir sur la chaise en face de lui et considéra son assiette. Il n'avait plus envie d'y toucher. Il écrasa une miette de biscotte entre le pouce et l'index, laissant s'en effriter la poudre sur le bois de la table. Cet abattement silencieux ne lui ressemblait guère et n'eut pour effet que de redoubler l'inquiétude de son aîné.
— Si quelque chose te tracasse, tu peux me le dire. Même si je ne peux pas grand-chose, au moins je peux t'écouter. Quel est le problème? C'est la santé, la famille, le travail? Mets-moi au moins sur la voie… Que j'arrête de m'inquiéter pour rien. Parle-moi. S'il te plaît. Je suis bien venu vers toi, moi, quand ça n'allait pas.
Se voyant mal insister sans verser dans l'indiscrétion ou l'interrogatoire, il s'interrompit.
— Je suis amoureux, c'est tout, lâcha le garçon, histoire d'avoir la paix, en étalant du bout de l'index, avec un air absorbé, la poudre de biscotte.
Charles-Edouard, qui avait commencé à s'imaginer des choses horribles, ressentit un certain soulagement à cet aveux. En même temps, il se souvint combien les affres sentimentales pouvaient vous réduire à l'état de loque humaine.
— Ça rend heureux, d'habitude, d'être amoureux.
— Pas là.
— Si je peux faire quelque chose…
Rien comme cette dernière phrase n'aurait mieux su mettre en évidence l'ironie de la situation. Robin en aurait presque sourit.
— Tu es la dernière personne sur Terre à pouvoir faire quelque chose pour moi.
"Et la seule et unique" poursuivit-il en son fort intérieur.
À ces mots, blessé à mort, Charles-Edouard se leva et repoussa sa chaise.
— Très bien. J'essayai juste de t'aider.
De toute façon, il avait terminé son petit-déjeuner. Il fit place nette en quelques gestes efficaces sans un regard pour lui et partit dans l'autre pièce achever de se préparer. Dans moins d'une heure, il avait un entretien de la plus haute importance avec le PDG d'une illustre entreprise de cosmétique avec laquelle Saint-Lyre souhaitait un partenariat. Il avait donc ce matin là bien d'autres chats à fouetter que les affres sentimentales de son jeune protégé. Pourquoi, alors, cela l'affectait-il tant ? L'attitude de Robin n'aurait pas dû le surprendre autant. Après tout, les jeunes gens étaient souvent secrets sur leurs histoires de cœur. Il prépara ses affaires, vérifia le contenu de sa sacoche, le bon positionnement de sa chevelure et de sa cravate. Il s'en voulait d'avoir le cœur retourné. Lui qui s'était cru digne de confiance. Quelle déception !
— Charles.
Il sursauta et se retourna. Robin se tenait debout près du canapé.
— Il ne faut pas que tu prennes mal ce que je viens de te dire.
— Ha oui ? Et bien explique-moi comment je peux le prendre différemment et je ferai un effort, promis.
— Ta cravate est de traviole…
— Je sais. Ça m'énerve prodigieusement.
Il la défit et la jeta sur une chaise avec emportement. Robin s'approcha et la ramassa.
— Tu veux que je t'aide ?
— Je sais encore mettre une cravate. Merci, dit l'autre en lui reprenant des mains nerveusement.
Il fit à nouveau face au miroir au-dessus de la cheminée. Cette fois, le nœud fut impeccable du premier coup.
— Comme ça, c'est mieux ?
— Fait voir.
Robin n'eut à rectifier qu'un léger pli sur le col de sa chemise. Il en profita pour respirer son parfum et désirer plus fort sa peau.
— Nickel.
— Après tout, je n'ai pas à me mêler de tes histoires de cœur. Si tu n'as pas envie de m'en parler, c'est ton droit le plus stricte, dit Charles-Edouard soudain impressionné d'identifier d'aussi près la tristesse dans les yeux du garçon.
— Détrompe-toi. J'ai très envie de t'en parler, en fait.
— J'avoue que j'ai du mal à te suivre. Qu'est-ce qui t'empêche de le faire, alors ?
— C'est précisément ça que je ne peux pas te dire.
— Ha, les artistes ! Tu m'épuises avec tes mystères !
Robin désamorça les choses avec un beau et franc sourire, lissa une dernière fois la jolie cravate de soie brodée mauve et or et lui déposa une bise sur la pommette.
— En quel honneur, ces familiarités ?
— Pour te souhaiter bonne chance pour ton entretien. Je vais croiser les doigts.
— Je suis content de te voir sourire.
— Ne t'inquiète plus pour moi, va.
— On est ami et je m'inquiète pour mes amis lorsqu'ils ne vont pas bien. C'est normal, non?
Robin plongea son regard dans celui attentif de son bourreau involontaire. Ce fut comme si le temps s'arrêtait, comme s'il était en équilibre au bord du vide. Il aurait pu l'embrasser ou lui dire "Je t'aime". Mais, ce n'était pas le bon moment. Le moment de se déclarer, sans doute ne viendrait-il jamais et c'était bien là tout le problème. Et puis avec toutes les perches qu'il venait de lui tendre, s'il n'avait rien déchiffré c'est qu'il était à des années lumière de concevoir une telle possibilité. Il prit donc sur lui de ne rien tenter. Ainsi, il se laissait encore une chance d'éviter le point de non retour d'une déclaration dont il n'imaginait que trop les conséquences. Quoi qu'il advienne, il ne fallait pas le brusquer, ne rien altérer de cette candeur naturelle qui faisait tout son charme. Depuis sa rupture, il se reconstruisait un équilibre et une joie de vivre qu'il aurait été criminel de venir perturber. Robin savait bien l'impact qu'auraient eu sur lui ces quelques mots qu'il brûlait de lui dire.
Suite à cette tentative de rapprochement plutôt infructueuse, Charles-Edouard n'aborda plus le sujet. De toute évidence, Robin imposait des limites qu'il ne fallait pas franchir. Il aurait certes été curieux de connaître le mystère que cachait la mine maussade du jeune homme, mais pas au point de le forcer à parler. Tout se dévoilerait en temps voulu, se disait-il… Et il n'avait pas tort… De son côté, Robin souhaitait à tout prix éviter une nouvelle confrontation de ce genre. C'était douloureux et dangereux. Il fit donc plus attention à lui dissimuler son état, bien que tromper les apparences ne fût pas dans ses habitudes. Pour y parvenir, et accessoirement pour se changer les idées, il prit l'habitude d'inviter chez lui des amis rencontrés dans ses cours d'anglais ou de retouche numérique. Ainsi, lorsqu'il rentrait de sa journée de travail, certains soirs, Charles-Edouard entendait des exclamations et des éclats de rire à l'étage et cela le rassurait. Ça échangeait trucs et astuces, ça jouait au jeux vidéos, ça fumait, bref, ça vivait comme il est doux de vivre à vingt ans. Le jeune artiste travaillait un peu moins, certes, mais il s'amusait et c'était là l'essentiel pour le moment. Il avait tant donné les mois précédents, de toute façon, qu'il méritait bien une période de relâche.
Parmi ces jeunes gens, une fille commença à s'enticher de Robin. Elle était charmante et en d'autre circonstances, il n'aurait pas dédaigné de se laisser aller à tenter l'aventure. Pourtant, l'indifférence qu'il ressentit en face d'elle ne fit que confirmer à quel point son cœur était verrouillé sur une autre position… Cette prise de conscience, dont la fille en question fut la première à faire les frais, l'affecta beaucoup. Il fallait qu'il tente quelque chose, que d'une manière ou d'une autre qu'il dénoue cette situation en suspend de plus en plus difficile à endurer.
15 juin 2009
Robin - partie 6 (nouvelle)
— Nom d'un chien, ça fait au moins dix ans que je n'avais pas fumé de cette saloperie. C'est vrai que ça fait du bien.
— Ce n'est pas de la saloperie. C'est de la beu bio de chez Farida. Elle la cultive elle-même. Elle a la main verte. Elle est douée pour ça…
— De la beu bio ? On aura tout entendu, s'esclaffa Charles Edouard.
Il se rembrunit aussitôt.
— C'est la première fois que je ris depuis au moins un mois.
— Je confirme… Je suis content que tu sois venu. Je me demandais quand tu allais te décider.
Charles-Edouard se cacha à demi le visage derrière ses longues mains blanches et resta ainsi prostré, les coudes sur les genoux, le regard perdu, sentant avec angoisse que ce n'était pas que des mots qui voulaient sortir de lui.
— Elle est partie, s'étrangla-t'il enfin en se décomposant.
— Merde…, murmura Robin en lui posant une main dans le dos. Qu'est-ce qui s'est passé?
— Ce qui s'est passé? Mais rien ! Rien du tout. Elle me hait, c'est tout. Je la dégoûte. Elle me l'a dit et répété. Les yeux dans les yeux. Et je t'épargne les détails ! Elle m'a dit des choses, des choses, Robin… Si tu savais. Elle n'était pas obligée. Elle aurait pu m'épargner ça. Partir, simplement partir.
La volonté de fer du fils de militaire qu'il était lui permit de contenir toutes ses larmes, toutes sauf deux rebelles qui allèrent s'écraser sur le tapis. Il sembla se remémorer d'effroyables moments.
— Il y a des mots irréparables, ajouta-t-il gravement.
Robin sentit fleurir l'élan singulier qui parfois lui chauffait le cœur et l'oppressait un peu lorsqu'il se trouvait seul avec lui. Ça lui venait dès qu'ils se côtoyaient en dehors d'un contexte professionnel, ce qui était rare, en fait. Quelque chose l'appelait chez cet homme, lui réclamait comme un remède. Il l'écouta parler. Le flot de mots qu'il retenait depuis des jours se déversa sans discontinuer. Il lui avoua son obsession de Solène et reconnut sa totale incompréhension face à l'échec de leur relation pour laquelle il avait pourtant tout sacrifié. La jeune femme, qui l'avait fasciné autant que torturé, semblait avoir eu assez d'emprise sur lui pour l'emmener au bord de la folie. Qu'elle l'eût quitté, se dit Robin, était une bonne chose. Il observa son visage animé et ses mains virevoltantes. Il lui fit penser à un marin en perdition trahi par la sirène toute-puissante source de son malheur. A la vérité, tout ce qu'il put dire d'elle plongea Robin dans l'effroi. Elle l'avait manipulé à sa guise, tel un jouet dans les mains d'un enfant cruel, et l'amour qu'il lui avait témoigné n'avait jamais connu d'autre réponse que de la condescendance et de l'ennui. La candeur de Charles-Edouard face à cet amour à sens unique qui, il fallait bien le dire, confinait au plus absolu aveuglement, avait tout de même permis à cette triste mascarade de durer six longues années. Il s'était plié à tous ses désirs pourtant. Victime consentante, il lui avait pardonné chaque vexation, chaque coup bas, chaque mensonge. Il avait cru bien faire, mais aujourd'hui il savait que cela avait été une erreur. Le départ de la belle l'avait brutalement dessillé. Plus il s'était montré conciliant, plus elle l'avait jugé faible. Elle l'avait mis à l'épreuve et lui n'avait rien compris. Il avait échoué et ne pouvait que reconnaître sa part de responsabilité dans cet échec. Il était presque quatre heures du matin lorsqu'il s'interrompit enfin, exsangue et abattu. Il tourna la tête vers Robin et cru remarquer une pâleur inhabituelle chez le garçon.
— Je suis désolé de t'infliger ça, lui dit-il. Je suis ton agent. Je ne devrais même pas être ici ce soir.
— Dis pas de conneries. J'espère que tu ne te considères pas seulement comme mon agent. On est amis aussi, non?
L'ami en question lui sourit avec gratitude, un peu trop ému, soudain, pour ajouter un mot. Robin se leva pour aller remettre un peu de musique et surtout pour éviter d'avoir à penser à l'amour qui gonflait en lui et aux gestes déplacés qui commençaient à le tarauder. Il aurait tout donné pour le consoler.
— Tu sais, ça fait une semaine que je n'ai plus mis les pieds dans mon appartement tellement je ne le supporte plus.
Robin fronça les sourcils en se rasseyant.
— Et tu vis où, alors?
— À l'hôtel.
— À l'hôtel ? Répéta l'autre, stupéfait. Mais c'est super triste!
— Moins que mon appart', je t'assure.
Robin, révolté par cette nouvelle, se mis à réfléchir intensément.
— Viens vivre ici plutôt, j'ai une chambre qui ne sert à rien, déclara-t-il. En attendant, ça serait quand même moins déprimant.
Charles-Edouard, qui pas un instant n'avait envisagé cette option, considéra Robin. Il était on ne peut plus sérieux.
— Non, voyons. C'est gentil, mais je troublerais votre intimité à Toi et Fa.
— Elle ne vient quasi jamais ici. C'est moi qui vais chez elle la plupart du temps. Puis on ne se voit pas si souvent que ça, tu sais.
— Mais vous aurez peut-être bientôt envie de vous installer ensemble, tous les deux.
— Je ne crois pas, non.
Devant l'expression soudain maussade du jeune garçon, Charles-Edouard n'osa creuser le sujet plus avant. De son côté, Robin n'avait aucune envie de lui détailler la triste vérité, à savoir que lui et Farida ne se fréquentaient que pour tromper leur solitude respective et que, très vite, lui comme elle s'étaient rendus compte qu'ils n'avaient d'autre point commun que ce goût pour la luxure qui seyait à leur âge. Si quelques heures de plaisir de temps en temps justifiait pour le moment qu'ils continuassent à se voir, chacun savait que leur histoire était sans lendemain. Farida, jeune femme libre et libertine, tenait à son indépendance — liberté acquise au prix de ses liens familiaux —, plus qu'à n'importe quelle relation amoureuse. Elle n'avait même pas prit la peine de lui cacher qu'elle fréquentait d'autres garçons. Ils ne s'étaient rien promis, bien sûr, mais Robin, qui n'avait pu s'empêcher de nourrir certains espoirs au début, avait été de désillusion en désillusion jusqu'à ce qu'il ne restât plus que le sexe. Certes, c'était mieux que rien, mais comme sa belle histoire avec Marie lui semblait loin, les élans, les projets, les rêves à deux…
— On est pas vraiment amoureux, se contenta-t-il de dire.
— Ah, je croyais pourtant… C'est dommage, fit l'autre, troublé par cette révélation inattendue.
Diffusément, Robin se fit la réflexion que sa proposition d'hébergement n'était pas vraiment innocente. Peut-être n'était-ce d'ailleurs pas une idée si judicieuse. Il n'eut pas plutôt cette vague inquiétude qu'il vit son invité se redresser d'un air résolu.
— Tu as raison, après tout. Ça n'a pas de sens que je m'isole davantage que je ne le suis. Venir vivre ici quelque temps — le temps que je rassemble un peu les morceaux —, après tout, pourquoi pas?
À cette annonce, Robin ressentit une joie si anormalement vive qu'il en eut presque peur.
Ce qui fut dit, fut fait. Les deux garçons convinrent que cette cohabitation de fortune ne devrait pas excéder trois mois. C'était plus de temps qu'il n'en fallait à Charles-Edouard pour prendre un nouveau départ et ce, sans passer par la case "solitude post-séparation". Les premières semaines de vie commune se passèrent au mieux, d'autant que leur collaboration professionnelle s'en trouva facilitée. De plus, n'ayant au quotidien ni le même rythme de vie ni le même emploi du temps, chacun n'avait aucun effort à faire pour respecter l'espace vital de l'autre. Ils se croisaient au petit déjeuner, tôt le matin, alors que l'un commençait sa journée et que l'autre s'apprêtait à aller se coucher après une nuit blanche de création intensive, puis mangeaient ensemble presque tous les soirs. Même chez Saint-Lyre, ils étaient peu amenés à se voir. Bref, ils s'étaient très vite adaptés à la situation sans avoir à accorder leurs violons. Cette harmonie spontanée n'aida en rien notre Robin à garder la tête froide. A la lumière de leur entente naturelle, jour après jour, il ne put que voir s'intensifier son envie de se rapprocher de lui un peu plus encore. La météo morale des deux compères s'inversa donc. Mieux Charles-Edouard se sentit, dans cette nouvelle vie débarrassée de la pression psychologique constante d'une manipulatrice, plus Robin s'épuisa à lutter contre des sentiments qu'il s'évertuait à cacher. On lui fit remarqué qu'il délaissait beaucoup la couleur, ces derniers temps. Et c'était vrai, plus il gardait les choses en lui, plus le noir envahissait ses dessins. Mais, avec le blanc, le noir et le gris, il revenait à l'essentiel, c'est-à-dire au motif, au contraste, à la composition, loin de l'éblouissement des harmonies colorées pour lesquelles il avait un don insurpassable. Charles-Edouard, ne manqua pas non plus de noter ce changement et l'en félicita. Ce nouveau style ouvrait en effet les portes à des idées et des propositions infinies qu'il serait possible ensuite de décliner en ton monochrome selon les teintes tendances du moment. Saint-Lyre,de son côté, allait de surprise en surprise avec ce jeune prodige dont la créativité semblait un puits sans fond. Il le dorlotait et le motivait, lui transmettait peu à peu toutes les ficelles du métiers, lui racontait ses pires et ses meilleurs souvenirs des soixante dernières années dans le milieu du stylisme. Si Robin avait pour lui l'admiration qu'un disciple doit à son maître, Saint-Lyre, lui, le considérait à peu près comme son petit fils et son héritier. A l'occasion d'une de leur réunion de travail hebdomadaire, le vieil homme interrogea le garçon sur son état moral dont il avait remarqué l'assombrissement. Robin lui avoua qu'il était amoureux sans plus de précision et l'autre se contenta de sourire sans rien dire de plus.
13 juin 2009
Antony and the Johnsons - Another World
La chanson qui me parle en ce moment.
Semaine de ouf
Lundi
J'écoute Anthony and the Jonhnson's en allant à la gare. J'aime cet homme. "Spiralling" est une chanson divine… Temps pourri, grève RATP le matin (train bondé), coup de fil de ma tante désagréable ("votre génération n'a pas le sens des réalités"… très contrariée je suis), boulot, boulot, boulot. Dans l'après-midi, un inconnu m'appelle qui n'est pas un inconnu. C'est Pierre-Yves. Emotion. On se donne rendez-vous pour le lendemain, 18 h. Boulot, boulot, boulot. Grève RATP le soir, deux heures (au lieu de quarante minutes) pour rentrer chez moi sous la flotte, sans parapluie…
Mardi
> J'écris, dans ma tête, une lettre terrible à ma tante… Je ne sais si je lui enverrai… Temps pourri, boulot, boulot, boulot. Je stresse toute la journée à l'idée de rencontrer mon cher Pierre-Yves. J'arrive une heure en avance place Saint-Michel, lui arrive à l'heure prévue. On passe 3 heures ensemble à sillonner les rues et boulevards de Saint-Michel à Odéon en passant par le Luxembourg, je parle beaucoup trop. Il ne pleut presque pas. On s'arrête un moment à la terrasse d'un café. Je lui offre un dessin pour ses quarante ans qu'il a fêté la veille. Il rosit, je crois que ça le touche. Je rentre chez moi fourbue d'avoir tant marché dans Paris, d'avoir tant parlé et écouté, d'avoir tant ressenti. C'était un beau moment.
Mercredi
> Je réfléchis beaucoup à la psychologie de Robin… Le paiement de ma première facture donné il y a plus d'un mois n'est toujours pas arrivée : stress. J'en peux plus d'attendre ce fric. Déjà 2 prélèvements automatiques rejetés… génial… M. me rejoint au taf pour me prêter main forte. Boulot, boulot, boulot. On mange ensemble le midi. On se connaît bien, maintenant, c'est cool. Boulot, boulot, boulot. Mon L. est très déprimé : stress.
Jeudi
> Je rêve d'un ailleurs… M. et moi taffons comme des dingues. M. (qui communique bien mieux que moi) me révèle que S. (la responsable clientèle avec qui on bosse) est en train de perdre sa mère et que c'est pour ça qu'elle est dans cet état de déprime… le genre d'état qu'on n'arrive plus à cacher… J'ai connu la même chose il y a sept ans, je compatis. On abat une besogne monstre. Le client met la pression ("comment ça se fait, on n'a pas encore vu toutes les pages, gnagnagna) : stress. La migraine menace. Je prends un Zomig. Au lieu de 10 mn habituelles, je prend 2 heures pour manger le midi avec une amie chère. Je lui parle du film "Home" de Yann Athus-Bertrand, de l'état de notre planète. On refait le monde… J'aime… La tajine est délicieuse, la migraine est passée. Boulot, boulot, boulot.
Vendredi
> Je crois que je déteste la France… L'épuisement menace dès le matin. Toujours pas les sous sur mon compte GRRRR! C., mon agent, m'appelle en fin de journée pour me parler de mes futures vacances. Rien que le mot me fait du bien ! Ça serait début août… au moins quinze jours. Je sais déjà que j'irai sûrement deux ou trois jours chez Kleger si ça peut se faire. Elle me montrera son pays :) . Problème techniques vers seize heures. La prod est ralentie alors qu'on nous demande d'accélérer : stress. Migraine. Je finis la journée sur les genoux. Je prends un Zomig qui me met KO, je dors une heure en rentrant. On mange dehors, il fait doux. C'est le week-end… Enfin!!
Là, maintenant
> Le ciel est tellement beau… Il fait chaud comme en été (mais c'est bientôt, au fait!). L. a le moral, il me parle de "glyphe de distraction" et de "cape d'ombre" (les initiés reconnaîtront), Kitty dort à côté de moi et moi je m'apprête à peaufiner le prochain épisode de Robin et Charles-Edouard. Je pense à Pierre-Yves qui s'amuse à Barcelone. Je pense aussi à la fête qu'on va faire début juillet. J'espère que beaucoup de monde viendra. Mes sous ne sont toujours pas arrivés mais je m'en fous. On verra ça lundi. Le week-end : interdiction de stresser. :)
30 mai 2009
Une lumière…
J'ai rarement vu un ciel d'un tel bleu, un air si cristallin, un soleil si magnifique en région parisienne.
Il paraît que c'est le vent de l'Est… Ça faisait comme s'il y avait eu la mer pas loin.
Et demain, paraît que c'est pareil :)


24 mai 2009
Le jardin s'épanouit





Et il n'y a pas que le jardin…
Ho, les beaux jours!
Pendant que les merguez cuisent au barbecue…
Et bien sûr, en dessert : fraises.
21 mai 2009
Iris et sauge
16 mai 2009
Paradisco
Un petit court-métrage tendre et mélancolique. Une jolie découverte que j'ai envie de vous faire partager (cliquez sur l'image pour lancer le film).
Paradisco de Stéphane Ly-cuong
11 mai 2009
Robin - partie 5 (nouvelle)
Robin décida de suivre ce que son intuition lui dictait. Il signa le contrat avec la maison de haute couture Saint-Lyre et démissionna de son emploi de magasinier. Pour le reste, il s'en remit à Charles-Edouard. Celui-ci fut désigné comme son agent attitré. C'était parfait puisque, non seulement ils s'entendaient bien, mais, en plus, d'instinct, Robin lui avait accordé sa confiance dès leurs premières rencontres. Pour commencer, Charles-Edouard l'aida donc, comme il était convenu, à chercher un logement. Ils n'eurent à en visiter que cinq avant de trouver le bon. Il s'agissait d'un duplex, de taille modeste mais bien agencé, situé au bord du canal de l'Ourcq dans le dix-neuvième arrondissement, arrondissement que, au grand damne de Charles-Edouard, Robin n'avait pas voulu quitter parce qu'il y avait ses repères. Perché au septième et dernier étage d'un immeuble récent, l'appartement se composait de trois petites pièces au niveau inférieur et d'un bel atelier lumineux, au-dessus, auquel on accédait par un escalier de métal en colimaçon qui rappelait celui d'un bateau. La grâce de cet escalier, tout particulièrement, avait conquis Robin à l'instant où il avait posé les yeux dessus. Il investit l'endroit comme s'il y avait toujours vécu, comme si chaque angle de chaque pièce n'avait jamais attendu que d'accueillir son talent.
Il assista également le jeune artiste dans ses obligations administratives, le conseilla pour s'équiper de tous les accessoires nécessaires au jeune parisien "dans le vent" qu'il allait devenir — à savoir un téléphone portable, un ordinateur dernier cri doté d'une solide connexion Internet et une garde-robe décente (c'est-à-dire autre chose que ses éternels jeans et basquettes). En moins de trois semaines, sa vie changea du tout au tout. C'était troublant, tout de même, de voir avec quelle efficacité redoutable certaines décisions pouvaient se concrétiser lorsque les moyens financiers et les relations y étaient. Le vivre autrement qu'en théorie, il fallait bien l'avouer, se révélait grisant. Pour couronner le tout, peu après son emménagement dans ses nouveaux quartiers, la jolie serveuse du bar, Farida, accepta de sortir avec lui. A force de la courtiser discrètement, la jeune femme avait fini par se laisser tenter. Leur relation s'annonçait légère et pleine de promesses.
Les semaines suivantes confirmèrent son bonheur tout neuf. Entre les heures à dessiner sous la verrière de son atelier, les réunions dans le seizième autour des enjeux et projets de l'institution Saint-Lyre, au milieu de tant de beau monde, et celles passées dans les bras ardents de Farida, Robin ne voyait plus le temps passer. Il n'en revenait pas de sa chance. Parfois, seul chez lui, travaillant à sa table à dessin pendant que la pluie tambourinait au-dessus de sa tête, un sentiment de sécurité et de félicité mêlées l'étreignait si fort qu'il avait comme l'impression qu'il allait imploser. Mais malgré tout ceci, tous ces changements positifs, Robin gardait la tête froide. C'était un tantinet trop beau et son bon sens paysan lui disait de rester vigilant. Pour se faire, il travailla d'arrache-pied, dormant peu, et peaufinant à l'envie des dessins magnifique, les plus aboutis qu'il eût jamais produits. Il parvint en effet à sortir de lui-même des images et des idées qui le surprirent lui-même, comme illuminées de sa toute nouvelle disponibilité d'esprit. Il prit également très au sérieux son intégration dans l'équipe de son nouvel employeur. Par exemple, il prit sur lui de travailler au moins un jour par semaine dans les locaux Saint-Lyre plutôt que chez lui, se rendit à toutes les invitations, même celles facultatives, et s'intéressa de près aux différents corps de métiers du milieu. En peu de temps, il devint ainsi une figure familière des employés de Saint-Lyre. Tous l'adoptèrent, du maître des lieux lui-même, à la standardiste, en passant par les photographes, l'homme de ménage et les maquilleuses. Même la couturière en chef, pourtant réputée pour être une terrible peau de vache, fut amadouée par son charme. Jean Saint-Lyre l'en félicita presque, tant lui-même avait eu du fil à retordre pour apprivoiser cette femme de caractère. Robin avait ce don de se faire apprécier de tous. Il n'avait pas d'ennemis et son humilité mettait chacun en confiance sans jamais éveiller de jalousie.
La seule ombre au tableau, c'était l'état moral de Charles-Edouard. Il avait beau ne rien dire de ses soucis personnels, de toute évidence ça n'allait pas fort dans son ménage. Il avait perdu le sourire et s'emportait pour un rien, s'excusant ensuite sans cesse. Aux questions qu'on lui posait il éludait ou mettait son irritabilité excessive sur le compte d'impitoyables insomnies. Malgré tout, il était aux petits soins pour Robin car c'était un excellent professionnel et rien ne l'aurait détourné de sa mission d'agent. Entre autres, il organisa pour le jeune homme plusieurs séjours à l'étranger afin qu'il s'immerge davantage dans le milieu de la mode et qu'il perfectionne son anglais parlé qui laissait encore à désirer. Il lui trouva également des formations complémentaires à sa demande. Robin put ainsi apprendre le dessin par ordinateur et se passionna pour la retouche d'image, activité pour laquelle il excella rapidement. Il bénéficia également de cours de nu, privilège auquel il avait si souvent aspiré. Il avait soif d'expérimentations et Charles-Edouard répondait à cette soif à la perfection. Ils formaient une excellente équipe. Ils partirent même ensemble deux semaines au Japon à l'occasion d'un salon dédié au stylisme, événement incontournable pour un néophyte comme Robin. A l'occasion de ce séjour, le garçon surprit plusieurs fois Charles-Edouard accroché à son téléphone, l'air désespéré, le ton suppliant ou menaçant. Il en entendit assez pour comprendre qu'entre lui et sa Solène, ça battait de l'aile… A plusieurs reprises Robin avait tenté d'aborder le sujet avec l'intéressé mais ce dernier fuyait systématiquement. "Je ne veux pas t'embêter avec ça", "Il y a de sales périodes, dans la vie, que veux-tu…", jetait-il, évasif. En réalité, l'idée de parler de sa souffrance le terrifiait, un peu comme si cela l'eût officialisée. Alors le garçon n'insistait pas et gardait ses mots de réconfort et son inquiétude pour lui, ne mesurant pas encore vraiment à quel point cela l'affectait.
Pendant que la vie de l'un s'élançait et que le moral de l'autre s'étiolait, l'hiver vint et s'installa sur la capitale.
Un soir, la période houleuse que rencontrait Charles-Edouard dans sa vie conjugale prit les proportions d'une catastrophe. Solène, la femme de sa vie, la future mère de ses enfants — ses enfants si beaux qu'il avait imaginés mille fois riant et courant dans ses jambes —, la sublime partenaire sur laquelle il misait tout son avenir depuis six années, Solène, la si belle, si exigeante Solène, le quitta définitivement. Leur incompatibilité semblait officielle. Elle était partie, non sans l'avoir auparavant, durant leurs semaines de guerre, éclaboussé de mépris, assassiné d'un venin assez acerbe pour le laisser exsangue d'amour propre.
Sur le moment, il se crut assez fort pour encaisser seul le terrible événement. Il n'en dit mot à quiconque. Cependant, quatre jours après, seul dans son immense appartement, il subit le contre-coup. Une crise de déprime pire que toutes celles qu'il avait déjà connues le prit à l'a gorge. Il lui sembla que sa raison lui échappait au point de se faire peur à lui-même. Il lui fallut agir. Sans réfléchir plus longtemps, il prépara une valise de vêtements et alla prendre une chambre d'Hôtel loin de son quartier, vers Saint-Michel, croyant que s'éloigner du lieu du drame l'apaiserait au moins un peu. Malheureusement, cette décision d'urgence ne recula que de quelques jours l'inéluctable écroulement.
Il ne put que se rendre à l'évidence : garder sa détresse pour lui une heure de plus le mettrait en danger. Mais il regarda autour de lui et ne vit personne. Alors, il réalisa combien il était seul, combien la relation exclusive qu'il avait entretenue avec Solène l'avait éloigné de tous. Parler de sa déroute à sa mère était inenvisageable. En bonne épouse de haut-gradé, elle ne tolérait de sa progéniture que force et maîtrise. Toute faiblesse exprimée, à ses yeux comme à ceux de son défunt héros militaire de mari, était assimilée à une défaillance. De son point de vue, toute forme de dépression méritait purement et simplement d'être éradiquée par un traitement de choc au même titre qu'une mauvaise grippe, c'est-à-dire par une bonne médication ou, le cas échéant, par un internement psychiatrique. Sa sœur en avait fait les frais durant son adolescence et n'en était pas sortie indemne de séquelles… Autant dire ce n'était pas vers elle que Charles-Edouard irait pour se confier! Il n'avait même pas encore osé lui avoué le départ de Solène. C'était dire la crainte qu'elle lui inspirait. Aucune aide n'était donc à espérer de ce côté. Xavier, son ami d'enfance, semblait injoignable. Il n'avait répondu à aucun de ses mails. En même temps de quel soutien aurait pu être quelqu'un qui vivait en Australie? Quant à son jeune frère sous-marinier et donc totalement inaccessible, rien n'était à attendre de ce côté-là non plus. Le calcul était vite fait… Ce soir là, à onze heures, la seule personne disponible susceptible de le soutenir en lui épargnant des conseils vaseux ou l'odeur nauséeuse de la pitié, qui lui ouvrirait sa porte avec le cœur, c'était Robin. Ecrasé d'un sentiment de solitude assez glaçant pour le faire trembler, il se rendit chez lui sans même avoir eu la force de l'appeler auparavant. Tant pis pour l'image qu'il tentait désespérément de conserver auprès de lui, tant pis pour la fierté. Il était assez intelligent pour savoir qu'il était temps d'appeler au secours.
Comme il s'y était attendu, le jeune garçon, immédiatement alerté par le timbre de sa voix à l'autre bout de l'interphone, l'exhorta à monter. Ce fut Farida qui lui ouvrit, épanouie et charmante, les cheveux enturbannés dans une serviette de toilette, encore mouillée dans un peignoir de bain trop grand.
— Il est là-haut, dit-elle.
— Je suis désolé de vous déranger à cette heure.
— Ne t'inquiète pas pour ça, monte, il t'attend. Moi, je vais me coucher. Je commence à six heures, demain.
— Bonne nuit, alors.
— Courage, Chad, fit-elle en lui déposant une bise légère sur la joue.
Elle lui fit un petit sourire entendu qui signifiait qu'elle savait tout, et s'éclipsa sur ses pieds nus. Elle avait pris la liberté de l'appeler "Chad" et ce n'était pas la première fois. Il n'arriverait décidément jamais à se faire à une telle ignominie. Pourtant, il ne releva pas, trop ému par le "courage" qu'elle venait de lui chuchoter. Même si elle l'avait croisé peu fréquemment, elle savait qu'il vivait une épreuve difficile. Et, du haut de ses vingt-cinq ans, elle savait ce que c'était que les déchirements d'une séparation. Elle avait donné! Régulièrement, Robin lui faisait part de ses inquiétudes à son sujet et il n'était pas nécessaire d'être très fine observatrice pour se rendre compte que celles-ci étaient fondées. Sa pâleur et ses traits tirés parlaient d'eux-mêmes.
Il traversa le séjour et gravit l'escalier de métal. Il flottait dans l'appartement les parfums de la vie, un mélange réconfortant de cuisine au curry, de savon au jasmin — la douche de la demoiselle sans aucun doute — et de cannabis… Du cannabis, carrément ! Ils ne s'en faisaient pas, ces jeunes, ils savaient vivre. Il se sentit déjà mieux rien qu'à humer cette atmosphère. C'était autre chose que l'hôtel ou son ex-chez lui où l'espace ne sentait rien d'autre que le froid de l'absence. Robin, pieds-nus lui aussi, en tee-shirt et caleçon, ébouriffé et le pétard à la bouche, rangeait le joyeux désordre qui régnait dans l'atelier. Aux quelques vêtements féminins encore gisants sur le parquet, Charles-Edouard déduisit aisément qu'ils venaient de partager un bien agréable moment.
— Je suis désolé de débarquer, comme ça…
— T'inquiète. Tu n'as rien interrompu si c'est ça qui t'inquiète. On avait fini, dit crûment Robin. Assieds-toi, mets-toi à l'aise. Tu veux boire un truc?
— Ce que tu as, du moment que c'est alcoolisé.
— De la bière, ça te va? Proposa le jeune homme tout en enfilant un pantalon.
— Oui, c'est parfait.
Il acheva de ranger à la va-vite, alla chercher deux bouteilles de bière fraîches dans le petit réfrigérateur qu'il avait installé dans un coin de l'atelier et rejoignit Charles-Edouard sur le canapé. Au soulagement de celui-ci, Robin ne lui posa pas de question. Il s'absorba dans la préparation d'un nouveau joint puis ils burent et fumèrent un long moment en silence. Sous l'effet de l'alcool léger et de la drogue douce, ils s'enfoncèrent un peu plus dans le canapé, écoutant Katie Melua en sourdine égrainer de sa voix suave ses douce mélodies.
02 mai 2009
Pubs écolos
Plein de conseils et d'info éclairés d'une nutritionniste pour manger sain sans se ruiner sur le site de Dietimiam :
Et un événement à faire circuler (cliquez sur l'affiche pour avoir les dates et les lieux) :
19 avril 2009
Flâneries printanières
18 avril 2009
The Chemical Brothers - Star Guitar
La première fois, j'ai regardé le clip d'un œil, sans faire vraiment gaffe, vous voyez… puis quand je me suis rendue compte, quand j'ai vu la performance, alors là…
Ca ne m'a pas étonnée quand j'ai su que c'était signé Michel Gondry. Le morceau des Chemical Brothers, d'autre part, est superbe.
A écouter à fond avec de bons écouteurs, à regarder avec attention.
08 avril 2009
Magnolia
04 avril 2009
2, 3 mots sur moi
J'ai commencé mon blog fin 2005, après une sombre et longue période de deuil. Pendant toutes ces années où le cancer à rongé puis vaincu ma mère, j'avais cessé d'écrire, de peindre, de dessiner, de créer. Je ne savais plus ce que c'était, je croyais avoir perdu l'envie. Ce journal publique a marqué le retour de tout cela.
Après plus de trois ans d'échanges en ce lieu, j'ai en plus, rencontré le plaisir de partager. Grâce à vous qui passez ici par habitude ou par hasard, je suis encore plus motivée à cultiver ma joie de vivre malgré toute les difficultés qui peuvent parfois encombrer le chemin…
Merci à tous pour vos commentaires passés, présents et futurs et à certains en particulier pour leur fidélité.
Antony &The Johnsons - You Are My Sister
Antony & the Johnsons en duo avec Boy Georges. La voix d'Antony Hegarty m'émeut et me fascine littéralement et cette chanson tout particulièrement.
Un article complet sur Antony >ICI
02 avril 2009
Tout le Dégel
Les gens qui me suivent depuis un certain temps connaissent déjà les textes réunis ici sous le titre "Le Dégel" qui content l'amour de Yan et Yvan. Comme ces chapitres et extraits s'accumulent, j'ai décidé, pour cette histoire, d'ouvrir une rubrique qui lui sera dédiée, distincte de celle qui est intitulée Histoires de garçons qui s'aiment qui, elle, réunit mes nouvelles.
Etat des lieux:
Que me reste-t-il à écrire de mes deux héros à ce jour ? Bien des choses encore. La fin, déjà, sur laquelle je cogite beaucoup et qui n'en sera pas vraiment une, je pense… J'ai aussi pas mal de passages à ajouter dans ce gruyère de mots! Notamment des confrontations Yvan / Jean-Louis (le père de Yan)… D'autres à retravailler ou à développer. Beaucoup d'heures à passer encore en leur compagnie, en somme.
Résumé
Yvan, libraire quadragénaire au creux de la vague, fêtard gay parisien de plus en plus désabusé par la vie qu'il mène, est le narrateur de cette histoire. Cet été là, il part au vert retrouver un couple d'amis pour se remettre du deuil
récent de son frère. Yan, 16 ans, leur fils ainé a bien changé… Yan et Yvan seront les deux
héros de cette histoire. L'été, les vacances, le soleil, une attirance réciproque…
Ce roman est en chantier. Vos remarques et suggestions sont les bienvenues.
Chapitres (à peu près) finalisés :
>> Le Dégel 1 - Amicale franchise
>> Le Dégel 2 - Ma colère
>> Le Dégel 3 - Retrouvailles
>> Le Dégel 4 - La vie de famille
>> Le Dégel 5 - Trouble
>> Le Dégel 6 - Tentation
>> Le Dégel 7 - Un joli coin (Partie 1)
>> Le Dégel 7 - Un joli coin (Partie 2)
>> Le Dégel 8 - Déclaration
>> Le Dégel 9 - Solitude
>> Le dégel 10 - L'aveu (l'intégrale!)
>> Le Dégel 11 - Désir contre sagesse
>> Le Dégel 12 - My home
>> Le Dégel 13 - L'épisode Éric
>> Le Dégel 14 - L'attente
>> Le Dégel 15 - Annecy (1)
>> Le Dégel 15 - Annecy (2)
Extraits de la suite :
>> Instantané 1 - Paris
>> instantané 2 - Le goût de notre présent
>> Instantané 3 - Le verdict maternel
>> Instantané 4 - Faux calme
>> Instantané 5 - Sans un mot
>> Instantané 6 - La brisure
>> Instantané 6 - La brisure (Partie 2)
>> Instantané 7 - Dernière nuit
>> Instantané 8 - Les jours d'après
>> Instantané 9 - En perdition
>> Instantané 10 - Un bouquet
>> Instantané 10 - Un bouquet (suite)
>> Instantané 11 - Partir
>> Instantané 12 - Revenir
>> Instantané 13 - Et rester…
>> Instantané 14 - La colère de Yan
>> Instantané 15 - Instant de grâce
>> Instantané 16 - La vérité
>> Instantané 17 - Combler les lacunes
>> Instantané 18 - Se toucher
>> Instantané 18 - Se toucher (suite)
>> Instantané 19 - Duel
>> Instantané 20 - Distance
>> Instantané 21 - "show me"
>> Intantane 22 - Moirage
>> Instantané 23 - Déballage (partie 1)
>> Instantané 23 - Déballage (partie 2)
>> Instantané 24 - Chez Anna
>> Instantané 25 - Nuit d'été
>> Instantané 26 - La maison de Pierre (Partie 1)
>> Instantanné 26 La maison de Pierre (Partie 2)
31 mars 2009
Soleil derrière rideau
L'appareil photo de mon téléphone portable interprète les couleurs selon son humeur. Il s'agit de rideaux de velours bordeaux qui, lorsqu'ils sont traversés de soleil, deviennent rouge sang et laissent se découper en ombre chinoise le rosier en bourgeons.

Version retouchée pour correspondre à la réalité :
Variante
Faute d'avoir le temps d'en faire de nouvelles, voici une image déjà connue des lecteurs du Dégel, retravaillée autrement, recadrée, colorée différemment… Bref, une tentative de faire du neuf avec du vieux (histoire de ne pas perdre la main… et la motivation).
18 mars 2009
City…
J'avais peur du monde des grands lorsque j'étais gamine.
J'avais pressenti pas mal de trucs inconsciemment…











































