Le ciel de février est d’une belle luminosité blanc/gris-bleu, malgré quelques gouttes fines, éparses, qui tombent ça et là sans même me toucher…
Je suis encore à la bourre… Comme d’habitude…

Un train passe sans s’arrêter et je rêvasse en écoutant le dernier Gorillaz sur le vieil I-Pod que mon frère m’a donné. Il a 4 ans l’engin. Déjà une pièce de musée! Sa batterie ne tient plus qu’une heure et demi, mais ça me suffit pour le trajet que j’ai à faire.

Je repense au flic en civil, hier soir, qui m’a surprise en train de passer le portillon derrière une personne à la station RER de Vincennes. Il m’a doublé en me brandissant un truc sous le nez. Sur le moment je me suis dit, tiens, encore quelqu’un qui va me demander son chemin… Mais non, ce n’était pas un plan, mais une insigne de police. Entre moi et les flics, c’est la distance intersidérale. Comme les hôpitaux ou la Justice, plus j’en suis éloignée, mieux je me porte… J’ai failli m’approcher de l’insigne pour l’admirer plus en détail. Ben quoi, j’en avais jamais vu de si près!

— Je peux voir votre titre de transport, madame?

Je me sentais hyper zen, comme très souvent ces derniers temps, détachée, limite flottante (c’est ça ou a folie de toute façon). Je l’ai donc regardé bien dans les yeux, très tranquillement, sans haine, sans crainte… Sans émotions, en fait…
En même temps comme je gruge depuis des mois, je suis parfaitement résignée à ce que je risque : une amende de 35 euros. Ma Carte Orange 4 zones (que je ne veux plus payer par résitance à ces prix scandaleux > allez voir là) coûtant plus de 80 euros, le calcul est vite fait : il faudrait que je me fasse prendre 3 fois pour y perdre.

— Non, monsieur, je lui dis, je n’en ai pas, monsieur.

Il prend un air sévère très forcé, mal joué que c’en est pathétique. Sincère : il m’a fait pitié. Pourtant, il m’arrive très rarement d’avoir pitié…

— Bon, vous faites comme tout le monde, OK? Demain, vous vous achetez un titre de transport, OK?

— Oui, bien sûr, monsieur, c’est promis.

Puis, il en est resté là. Je m’attendais au moins à ce qu’il me demande mes papiers (et ça me fait penser que je n’avais même pas ma carte d’identité sur moi ce jour-là!) ou qu’il me fasse payer quelque chose. Rien…

Je me dis, la vache, les pauvres flic, quand même, à quoi ils en sont réduits… Faire le boulot des contrôleurs… J’imagine qu’il n’avait que ça à se mettre sous la dent ou qu’il n’a pas pu se retenir… En son âme et conscience de flic (même en civil) il lui a fallu faire son devoir.

Trop triste, vraiment…