Sur tes rêveries parfaites, sur leur fausse chaleur,
Sur les désirs vains qui te brûlent et t’éprouvent,
Sur l’or tentateur du sourire de ses yeux,
Sur la lave échappée de ton cœur grisé,
                Verse l’eau froide du détachement…

L’ultime espoir choyé qui t’étouffe sans fin —
Pauvre flamme malade dont la mort te blessera —,
Les images de bonheur qui te voltigent encore…
Tous ces moments souhaités qui n’arriveront pas,
                Libère-t’en…

La menteuse intuition qui t’a permis l’espoir,
Les murmures trompeurs qui t’ont troublé le cœur,
Toutes ces illusions fardées de vérité,
Ton corps perclus de soifs souffertes jusqu’au fond,
                Oublie-les…

Car c’en est fait de toi et de ton bel amour.
Il est temps, maintenant, de retourner chez toi
Retrouver ce désert de nulle part argenté
Où tu aimais errer sans t’arrêter, jadis.
                Détourne-toi du feu…

Pourquoi vouloir donner à qui n’exige rien ?
Cet être que tu aimes ne t’en demande pas tant.
Veuille plutôt prodiguer ton être à l’ange nu
Qui te souffle souvent que tout n’est que néant.
                Vide-toi de ton mal…

Oui, pour ne plus souffrir cours dans les bras du vide.
Offre-lui tes émois, avoue-lui le secret
Qui t’a fait généreux et fragile à jamais;
Rends-lui ce plein amour dont personne ne veut…
                Il saura t’en défaire…