Le moral en berne
à mes yeux des cernes
tous ces magazines
cet ordinateur…
assis en tailleur
au milieu du lit
travailler me mine

Quel sens à ma vie?
Je ne me souviens plus
mes pensées divaguent
mon âme résonne
du nouveau prénom
de ma liberté

Lancinante absence
et visites brèves
j'apprendrai l'hiver
du manque de toi
je suis si tenté
de te kidnapper
sortie du lycée
mais ce soir encore
comme un rituel
on se parlera
via un logiciel

Presque résigné
je soupire au ciel

Il n'est pas seize heures
l'interphone sonne
divine surprise
de ta voix éprise
j'attends ta venue
face à l'ascenseur
tu en jaillis, fou
et me sautes au cou
les frimas d'octobre
t'ont rosi les joues
la première urgence
est de s'embrasser
jusqu'à s'étouffer
cela va de soi

Un prof est absent
tu m'expliques cela
volubile et beau
maintenant te voilà
des heures avec moi
dans l'appartement
notre doux refuge

De geste précis
en regards d'ange
tu me déshabilles
je t'attire à moi
je te dis mes jours
leur longueur sans toi
alors tu souris
tu m'écoutes encore
et puis je te dis
ta voix me manquait
alors tu m'embrasses
et je te caresse

Nos phrases s'espacent
et nos corps s'enlacent
ainsi dans l'instant
nus près l'un de l'autre
loin de nos fêlures
tout est bien plus simple
comme par exemple
cette éclaboussure
de tendresse pure
dans tes yeux de miel

Un bonheur violent
se soulève en moi
comme une tourmente

Ma bouche à la tienne
garde les yeux clos
que nos cœurs s'aimantent
comme notre peau