J’ai vu la fourmi noire en janvier, c’est bizarre…
Des flaques de soleil tombées dans les chemins ;
palpiter dans l’été d’émotifs lézards ;
la perle d’ambre fraîche au bois du cerisier ;

des brumes matinales draper les champs de larmes ;
une comète blonde de passage en nos cieux ;
un soir d’été heureux s’empourprer d’anges en feu ;
des jardins clairs ombreux s’offrir aux amoureux ;

le phare des Baleines, de ses bras de lumière
caresser d’infini le silence et la nuit ;

la chaleur des foyers derrière les vitres sourdes
où naît l’indifférence qui sauve du dégoût ;
l’absurdité femelle se parer pour séduire
et la connerie humaine se préparer au pire ;

les oasis d’or des rêves impossibles ;
la couleur ambigüe de la vraie solitude ;
la joie se pavaner dans des yeux adorés ;
des amis chers et rares savoir offrir d’eux-mêmes ;

la violente grimace du mendiant agressif
qui m’a craché qu’un jour je deviendrai charogne ;

l’eau des sources pures et vives enlacer leurs galets ;
des escargots sourire à la pluie qui s’impose ;
la grâce des chevreuils aux élans affolés  ;
du givre festonner une toile d’araignée ;

des baisers s’échanger dans le sable des dunes ;
les voiles des navires claquer de blanc au vent ;
ces mondes insondables au fond des yeux du chat ;
un ciel souvent trop grand où la vie se noierait ;

d’épais flocons de neiges scintiller d’orangé,
la nuit, dans le rayon du réverbère penché ;

l’étrange fleuve jaune des taxis de New-York ;
le train vers Cascais survoler l’eau du Tages ;
la beauté fatiguée des vieux murs de Prague ;
d’autres murs oubliés se souvenir du temps.

J’ai vu ma liberté me narguer, m’échapper ;
la pâleur effrayante des frimas de l’attente ;
la mer s’ensanglanter presqu’autant que mon cœur
que l’amour a laissé en rade au pied du monde ;

ta main se dérober à la mienne tendue…

Entre autres…