À peu près ça, oui, à peu près…

Je veux te dire avec les mots, cette fois,
les mots insuffisants, si lâches quand on a besoin d’eux,
je veux te dire à peu près les fractures neuves et belles, en moi,
qui viennent de toi.

Te dire ceci :
la grimace de mes vieux masques
c’est ton irruption dans ma bulle de tristesse qui l’a déchirée.
Tu m’as offert de te toucher,
alors j’ai pu me quitter, nous regarder et m’aimer.
Me voir ainsi mêlé à toi
m’a fait comme un précipité à l’opposé du drame de tout,
une espèce d’ébulition lumineuse et légère
derrière mes yeux nouveaux;

C’est vaguement ca, oui…
Mais, encore très loin de ça.
Pour être exact, la formule judicieuse entre toutes demeure bien loin des mots.
Pour dire ma joie mieux qu’à peu près,
il n’est que le mélange de nos sueurs, de nos souffles,
dans l’heure silencieuse.

Ce dernier recours me convient bien davantage
que ces quelques phrases qui se voulaient aussi chatoyantes
que notre désir et tes yeux.

Peine perdue, bien sûr… ;)

À ce soir, mon amour.