matteoMe voici rendu au moment que je redoute et désire. La grisaille déprimante, à la fenêtre de la salle de bains, m’est soudain égale. Matteo est là. Nous nous tenons à deux mètres l’un de l’autre, et l’on sait tous les deux que cette distance ne va pas rester ce qu’elle est longtemps. Il se tient contre la porte qu’il vient de refermer, les bras dans le dos. Ses yeux habités et profonds luisent de concupiscence et d’anxiété, d’espérance et de tendresse. Sous sa chemise au col ouvert, je devine sa nudité. Quel mystère que la beauté… J’ai envie de le toucher, envie du parfum de sa peau. J’ai la trouille.

*

Avant ce samedi matin fatidique, je me suis comporté comme un imbécile et un lâche toute la semaine. Lundi soir en rentrant, ça allait encore. M’être confié à mon collègue Serge m’a fait reprendre du poil de la bête, mais a également attisé ma tentation de passer à l’offensive… Passer à l’offensive, la bonne blague ! J’en suis incapable. Il faudrait que je me mette à boire comme un trou pour ça ! Pourtant, je le désire si fort. Par moment j’en pleurerais tant c’est similaire à une souffrance physique. J’en ai pleuré en vérité. Deux fois. Une fois sous la douche, en essayant de me soulager seul, et une autre fois, allongé dans mon lit à côté de Claudia endormie. Oui, j’en ai pleuré.

Mardi, Matteo m’a surpris en flagrant délit de sentir son écharpe comme le dernier des pervers. J’étais là, à inhaler l’étoffe imprégnée de son odeur, les yeux fermés, dans un état proche de l’étourdissement, quand j’ai entendu un petit raclement de gorge. Il se tenait tout près, troublé et gêné pour moi.

— Tu devrais te montrer plus discret, m’a-t-il conseillé avec gentillesse.

Si j’avais encore un doute sur son acceptation de la situation, sa remarque résignée me l’a ôté. Il a parfaitement saisi où j’en suis avec lui. En l’occurrence, il n’a eu qu’à le constater. Ainsi, je n’ai eu besoin ni de lui reparler de notre baiser, ni de lui dire un seul mot de mon désir pour lui. Je n’ai eu qu’à me taire… Il a eu raison de m’inviter à la discrétion. Ma femme ou mon fils auraient pu me surprendre. Mais, je n’avais pas prévu de me laisser happer ainsi. Cela m’a effrayé de constater à quel point j’ai peu de maîtrise de moi-même. Je me suis senti devenir cramoisi jusqu’à l’extrémité supérieure des oreilles, comme un gamin pris la main dans le sac. Je suis resté là, son écharpe toujours dans les mains, muet, honteux, et en même temps soulagé qu’il m’ait démasqué. J’ai dû l’émouvoir parce qu’il me l’a prise pour la remettre lui-même à sa place, sur le cintre. Après, il m’a déposé une bise sur la joue. J’ai interprété ce geste chaste comme une invitation bouleversante, invitation que m’ont confirmée quelques mots chuchotés à mon oreille : « J’ai fait la même chose avec la tienne, pas plus tard qu’hier ». J’ai cru en perdre ma contenance, et j’ai failli céder à l’envie de m’emparer de lui. Seule la peur m’a retenu. Là-dessus, il est reparti vers la cuisine d’où Claudia l’appelait. Ce bref échange m’a plongé dans une confusion inédite dont je ne suis pas revenu.

Mercredi, j’ai fait nocturne au boulot, je ne l’ai donc pas croisé. C’était le but. J’avais besoin de prendre du recul. Jeudi, pareil, on ne s’est pas vus parce que c’est lui qui est rentré tard, cette fois. Vendredi, je me suis dégonflé, alors que j’aurais eu plusieurs occasions de m’isoler avec lui pour parler. M’isoler avec lui… Cette seule idée me plonge dans la terreur tant elle m’excite… Ce même vendredi soir, après un repas joyeux, tous ensemble, Claudia, Bastien, Ludo, Matteo et moi, j’ai parlé seul à seul avec ma fille. Même par écrans interposés je l’ai trouvée radieuse. Elle, par contre, m’a décelé un drôle d’air et me l’a dit franchement. J’ai dû lui mentir à elle aussi. On dirait que plus j’essaie de cacher mon désarroi moins j’y parviens. Ce constat me désespère et m’épuise. Pour sûr, je n’aurais pas fait un bon acteur. Comme si ce n’était pas suffisant, au moment de nous coucher, Claudia m’a dit qu’elle avait l’impression de vivre avec un fantôme ces temps-ci. Ce fantôme c’est moi. Je n’ai pas su quoi lui répondre et ça m’a descendu le moral d’un coup. Et, donc, le samedi matin est arrivé. Notre premier matin. Le genre de matin qu’on n’oublie jamais.

*

Je ne sais plus où je suis quand j’ouvre les yeux. Il est dix heures trente. Ça doit bien faire une bonne décennie que je n’ai pas fait une nuit aussi longue. Claudia a laissé un mot sur l’oreiller : Je te laisse dormir, tu en as besoin. Je suis au marché avec Renée. Après, on va se prendre un pot, puis j’irai chercher Bastien à son cours de tennis à ta place. Je reviens donc vers 13 heures. Mets la cocotte en route à midi et demi, j’ai préparé une blanquette. À toute. Claudia. Ps : tu peux mettre la table, aussi. Ma chère et tendre sait se montrer si attentionnée quand elle le veut… Je descends à la salle de bains des garçons, située au rez-de-chaussée, celle de l’étage étant traditionnellement réservée aux filles afin d’éviter les bouchons aux « heures de pointe ». Mon trop-plein de sommeil m’a mis dans un état des plus brumeux. Pour me rafraîchir les idées je m’asperge le visage à l’eau glacée. Il fait froid ce matin. Il va falloir que j’augmente le chauffage. J’enfile un pull avant d’aller à la cuisine. Je me crois absolument seul, Matteo étant habituellement absent le samedi matin. Mais aujourd’hui il est là. J’en sursaute en pénétrant dans la cuisine. Il est attablé devant un verre de jus d’orange, l’attention fixée sur son téléphone portable.

— Salut.

— Salut, Christian, fait-il en m’offrant ce sourire ensoleillé dont je suis fou amoureux.

— Je me croyais seul.

— On s’est accordé une semaine de relâche sur « Le voyage de Mélusine ».

— D’accord. Le spectacle marche toujours aussi bien ?

— Oui, ça cartonne autant auprès des parents que des enfants. À vrai dire, on ne pensait pas que ça aurait autant de succès. Sélim nous a prolongés. Il nous veut dans son théâtre jusqu’à la fin avril.

— C’est génial, ça.

— Oui ! On est contents.

Il retourne à l’écran de son téléphone et se met à rigoler. S’il est ému de se retrouver seul avec moi, en tout cas, il n’en laisse rien paraître. J’essaie d’affecter la même nonchalance. Je sors une tasse et prépare mon thé en l’observant du coin de l’œil. Je me demande à quel point il joue les indifférents. Je rêve de glisser mes doigts dans ses cheveux bouclés magnifiques… Je vendrais mon âme pour lui baiser la peau juste là, derrière l’oreille. Je suis sûr qu’elle est douce… Mon samedi matin va être une torture.

— C’est ma mère qui m’envoie des photos de Napoli, m’explique-t-il. Elle fait la folle avec sa meilleure copine Nina. Hé, hé, je te jure ! Tiens, viens voir.

Je m’assois sur le tabouret, à côté de lui. Il colle aussitôt sa cuisse contre la mienne. J’ai soudain du mal à me concentrer sur les photos que ma belle-sœur lui transmet.

— On dirait qu’il fait beau, là-bas.

— Il fait toujours beau à Naples.

Il m’explique qui est Nina, mais je ne l’écoute pas. Sa jambe, je ne pense plus qu’à sa jambe qui me touche, à sa chaleur qui traverse son jean et mon pyjama. Lorsque je songe à ce que signifie cette volonté de contact de sa part, le désir soulève en moi des bourrasques intenables. Encore une minute à ce régime et je me jette sur lui. Je sais qu’il ne me repoussera pas, et je n’ai plus la force de lutter. C’est comme si je n’avais plus de volonté propre. Moi qui, d’ordinaire, suis pourtant quelqu’un de si volontaire… Son téléphone sonne. C’est évidemment sa mère. Il s’excuse, se lève et s’éloigne dans la pièce à côté, me laissant là, la sueur aux tempes d’avoir frôlé la catastrophe. Sa voix me semble encore plus belle quand il parle italien. Pronto. Come stai? Tutto bene? Quale tempo magnifico a Napoli. È già l’inverno a Parigi[1] et patati et patata… Il parle si vite que je n’en comprends pas la moitié. La conversation dure et dure. Mon dieu, que ces italiens sont bavards ! De nature, il ne l’est pas pourtant. Avec moi, en tout cas, il ne parle jamais pour ne rien dire, et c’est d’ailleurs un trait de caractère que j’apprécie fort. J’ai le temps de boire mon thé et de me préparer une tartine dont je ne mange pas la moitié. Mon désir anxieux me coupe l’appétit. Enfin, il revient et me tend son téléphone.

— Tiens, elle veut te passer le bonjour.

Je papote quelques minutes avec cette chère Paula, aussi fofolle et pétulante que Claudia est raisonnable et calme. Elle nous remercie encore d’accueillir son fils chéri sous notre toit, me dit qu’elle est heureuse de voir que tout va bien… Quand je la repasse à Matteo, je surprends celui-ci à m’observer avec des yeux brillants. Mon émoi se ravive, et lui rougit. Le voilà démasqué. Il concentre vite son regard aileurs et reprend sa conversation avec sa mère. Je profite lâchement qu’ils s’éternisent à se dire au revoir pour m’éclipser.

Une fois de plus, je fuis. Je retourne me réfugier dans la salle de bains. Mon reflet me surprend. Je me trouve différent, au point que je ne me reconnais pas vraiment. À croire que la tension où me plonge la proximité de Matteo me dissocie de moi-même… Je ne sais pas quoi penser de mon physique de quadra grisonnant : des traits réguliers, des rides de sourire, un regard bleu-gris de brave type et un corps, ma foi, bien conservé. J’ôte le haut et considère mon torse nu, ma poitrine un peu poilue où Claudia aime tant se nicher. Ça se tient encore tout ça. Je n’ai ni bedaine ni graisse superflue. Il faut dire que je fais attention. Je mange équilibré et cours au moins deux midis par semaine avec des collègues de bureau. Je fais aussi de la musculation régulièrement. Cela étant, il s’agit là davantage d’une question d’hygiène que d’un souci esthétique. L’activité physique fait partie du soin que je porte à ma santé. Quand j’avais vingt ans, oui, j’étais beau. Je plaisais aux filles en tout cas. Même si je ne m’en souciais guère, je le savais. C’était un acquis. Mais aujourd’hui ? Je n’ai pas une conscience claire de l’image que je renvoie, peut-être parce que j’ai toujours eu des préoccupations moins nombrilistes que de me regarder dans le miroir dans un autre but que la toilette. J’entreprends de me brosser les dents, songeur. Aujourd’hui, j’aimerais tant être convaincu que je suis beau ! Il me semble que j’ai plutôt une allure banale… Si je plais à Matteo comme il semble que ce soit le cas, je me demande ce qu’il me trouve. Selon ses dires il a respiré mon écharpe, et il a collé sa jambe à la mienne tout à l’heure, et bon, whisky ou pas whisky, on s’est quand même embrassés avec une rare ferveur. Je lui plais, c’est certain. Mes yeux peut-être ? Si je me rencontrais, c’est ce qui me séduirait chez moi, je pense… Je ne sais pas… Claudia m’a toujours dit que la chaleur de mon regard était ce qu’il y a de plus attirant chez moi. Ça frappe à la porte. Mon cœur s’arrête en même temps que le va-et-vient de ma brosse à dents.

— C’est moi, Christian. Je peux entrer ?

Je me rince vite-fait, en panique, incapable de réfléchir.

— Oui, c’est ouvert.

Il pénètre dans la pièce, et referme doucement la porte derrière lui.

— J’ai terminé, dis-je.

— Prends ton temps, murmure-t-il.

Je m’essuie la bouche à l’aide d’une serviette de toilette. Son silence répond à mes questions les plus brûlantes. L’affolement physique s’empare de moi. Ni lui ni moi ne pouvons plus tergiverser. Plus de place pour les faux-semblants, encore moins pour le doute. Plus moyen de fuir. Je ne saurais dire combien de temps on reste ainsi à se demander qui va fondre sur l’autre en premier, lui, adossé à la porte, inquiet et plein d’espérance, moi, figé, déjà captif, debout à côté du lavabo, ma brosse à dents à la main. Il me caresse à distance avec ses yeux, s’attarde ostensiblement sur mon entrejambe… Je suis en bas de pyjama, autant dire que mon désir se voit. Même nu, je ne serais pas plus indécent. Puis, il est sur moi. Il n’a eu que trois pas à faire. Alors, le ballet que l’on répète dans le silence de nos solitudes respectives depuis des semaines s’amorce enfin. J’ai du mal à respirer. Du pouce, il m’essuie la commissure des lèvres, sans doute un peu de dentifrice oublié, puis m’embrasse, mais pas comme l’autre jour. Il m’offre quelques baisers délicats entre lesquels s’intercalent nos regards. Sa douceur prudente endort ma peur, réveille ma joie. Il ne me brusque pas, me laisse toute latitude pour réagir, et cette attention me touche. Ses yeux luisent comme si des larmes étaient proches… Par nécessité, nos bouches enfin s’arriment. Je pose mes mains sur lui. Comme notre élan mutuel prend de l’ampleur, mes craintes achèvent de s’effriter. Je ne sens plus que sa langue sur la mienne, et mon bonheur, et mon sexe agité d’impatience. On s’enlace. Son corps se presse contre le mien, emplit l’espace avide de mes bras. La courbe du temps n’est plus la même. Tout se joue au ralenti. Le son de sa respiration accentuée par l’excitation me galvanise. La façon dont il me pétrit le dos me ravit. J’ai ses belles grandes mains de pianiste sur moi, enfin… Quand nos regards se lient à nouveau, il me les passe sur la poitrine, sur le ventre, et ne s’arrête pas en si bon chemin. Il m’atteint là où je l’attends de toute mon âme, me caresse par-dessus le tissu. Me voir chavirer semble beaucoup l’émouvoir. Quand il libère mon sexe, je n’ai plus honte. Il m’admire, me soupèse… Un soupir de satisfaction lui échappe. Je suis aussi bandé qu’il est possible de l’être. Il amorce des caresses, attentif à mon plaisir. Dans le silence uniquement perturbé par nos essoufflements, je vacille, une main accrochée au lavabo, l’autre à son cou. Il me reprend la bouche avec feu, provoque ma langue en un âpre duel. La volupté s’amplifie terriblement vite et m’anéantit. La jouissance, éclatante et brutale, me fait pousser un cri étouffé. Mon Dieu, c’était si bref. Mais comment pourrait-il en être autrement après autant de jours de frustration ? Dans ma cage thoracique ça palpite comme si je venais d’échapper à la mort…

Matteo considère le sperme sur les doigts, et me sourit. Je le voudrais nu contre ma peau. Je voudrais lui faire pareil, et davantage, lui donner à mon tour. Je voudrais lui faire l’amour. J’ôte deux boutons de sa chemise, puis trop impatient, tremblant, je change d’idée, entreprends de déboucler sa ceinture… Mais il stoppe mes gestes. Je n’insiste pas. De toute façon, je ne sais plus vraiment où j’en suis, et je me sens maladroit. Je me rends compte que j’ai taché son pantalon, je réalise que je ne suis qu’un empoté et, le pire de tout, que l’envie est toujours là, entêtante et effroyablement visible. Je crois que je vais pleurer. Mais Matteo m’apaise d’un regard et de quelques baisers.

— Elle en a de la chance, ma tante, murmure-t-il.

Je n’ose comprendre ce qu’il entend par là exactement. Il ne me laisse pas le loisir de la réflexion. Il s’agenouille. Sa bouche m’enveloppe sans que j’aie le temps d’opposer la moindre résistance. Il m’a en son pouvoir, et sa ferveur est si belle. Je m’abandonne à son expérience, et il semble en avoir. Il me surveille par en dessous. Il ne ferme les yeux qu’à la fin, lorsque qu’il me sent chavirer sous la tempête d’un second orgasme. J’empoigne en douceur sa chevelure, je le préviens quand ça vient, mais il s’en moque, m’accueille jusqu’au bout. C’est tellement bon ! Claudia, qui pourtant, quand le cœur lui en dit, prend son plaisir à me faire des gâteries, n’a jamais été aussi loin. Mais à quoi bon comparer ? Le désir sauvage de Matteo n’a rien à voir avec la tendresse sensuelle et programmée que sait me prodiguer mon épouse. Rien.

Il reste à genoux, à mes pieds, me baise le ventre, me lèche la peau comme un animal. Ça me fascine. Puis il reprend dans sa bouche mon sexe encore à demi tendu. Une fabuleuse vague de frissons me passe sur tout le corps. Quel appétit ! Seulement alors je reviens suffisamment à moi pour remarquer que, tout en se délectant ainsi de mes dernières vigueurs, il se masturbe. Il cache son visage contre mon ventre pour jouir, tremble sous ma main qui le décoiffe. J’en suis bouleversé.

Nos regards renouent, alors sa tristesse me frappe. À mon vif dépit, j’ai à peine le temps d’entrapercevoir son sexe avant qu’il ne remette slip et pantalon. Il m’aide à rajuster mon bas de pyjama, puis se relève.

— C’était plus fort que moi, murmure-t-il d’un ton désolé, comme s’il venait d’abuser de moi.

J’ai la gorge trop nouée pour émettre un son. Je ne sais comment interpréter son air peiné. Pour ma part, ce qui vient de se passer entre nous me procure une joie immense… Bon, et autant d’angoisse, c’est vrai… Ne sachant que faire d’autre, je l’embrasse. Alors qu’il me livre sa bouche éperdument, je sens ses larmes mouiller ma joue.

— Eh, qu’est-ce qu’il y a ? S’il te plaît, ne pleure pas, ou je vais m’y mettre aussi.

Ma prière lui arrache un sourire. On s’enlace comme pour des adieux. On reste un long moment ainsi, dans les bras l’un de l’autre. Je lui caresse le dos. J’aimerais tellement continuer… Lui ôter sa chemise, le voir nu…

— Je t’aime, Christian.

Le choc me fait prendre un peu de recul, mais je ne le lâche pas. Il faut que je voie son visage, et que lui voie ma stupéfaction. Si j’avais compris son désir, j’étais loin de m’attendre à une déclaration d’amour !

— Moi aussi je t’aime, lui dis-je. Je suis fou de toi.

Ces paroles à peine prononcées, je sens un soulagement doux comme du miel venir m’apaiser. Les conséquences sur ma famille et sur l’avenir, bien sûr, m’inquiètent, mais je les perçois maintenant loin derrière mon bonheur présent.

— Qu’est-ce qu’on va faire ? murmure-t-il.

— Viens.



[1] Allô. Comment vas-tu ? Tout va bien ? Quel temps superbe à Naples ! C’est déjà l’hiver à Paris…