©stefano_marchioniniIl faut croire que ce moment me pendait au nez, ce moment de flottement anxiogène où je me retrouve en unique compagnie de mon verre de whisky et de ma cigarette, ce moment où je me retrouve face à moi-même sans mon amant, sans ma femme, sans mes enfants, sans ma maison…

Oui, ce nouvel appartement est agréable, oui, vue d’ici la capitale est sublime, et oui, je suis habité par un amour magnifique et réciproque, oui… Mais le fait est que ce soir, ce premier soir ici, je me retrouve seul et, comme toutes les fois où je suis seul, je fais des bilans… Cela ne me réussit jamais de faire des bilans.

« Tu vas voir ce que ça fait de vivre avec un artiste. » Cette phrase que m’a dite Flo me revient sans arrêt et je  commence tout juste à en saisir la pleine mesure. Matteo m’aime, ceci est acquis, et je n’ai pas le moindre doute sur le fait que nous allons être heureux ensemble, cependant la musique est sa véritable maîtresse, une maîtresse très exigeante qui sait s’imposer mieux que moi.

Mardi dernier, quand il a reçu ce coup de fil, j’ai été forcé d’appréhender un aspect de notre future vie commune auquel je n’avais pas vraiment songé. Il est évident que je vais très souvent me retrouver sans lui, autrement dit tout seul. Je n’ai jamais vécu seul et ça, vraiment, c’est quelque chose de nouveau qui me fait peur. J’expérimente depuis plus d’une semaine et le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas la joie… Il va m’en falloir de l’entraînement pour apprendre à ne cohabiter qu’avec moi-même…

Il a donc été appelé à Genève en urgence pour remplacer au pied-levé un pianiste rendu indisponible pour cause de poignet foulé. Il s’agit d’un récital dédié à Chopin. Matteo Nannetti, mon Matteo, est un pianiste reconnu par ses pairs, mine de rien. Chopin constitue son répertoire de prédilection et cela se sait dans le milieu musical classique. Pas étonnant qu’on ait pensé à lui. Il était surexcité comme un gamin à la veille de Noël. Il ne pouvait pas refuser, et ça ne l’a d’ailleurs pas effleuré.

Il m’a donc laissé en plan pour notre emménagement, sans états d’âme. Moi qui m’en faisais une joie. Le pire c’est qu’il n’a pas compris mon désappointement. On s’est copieusement engueulés.

« Moi : Tu ne leur as pas dit oui, quand même ? – Lui : Bien sûr que si, tu rigoles ! C’est une super chance pour moi ! J’adore ce répertoire, j’adore cette salle, et j’adore Genève ! – Moi : Et le déménagement ? – Lui, l’air de tomber des nues : Quoi, c’était cette semaine ? – Moi, atterré : Oui c’était cette semaine, tête de linotte ! Même un truc comme ça tu arrives à l’oublier ? Je n’en reviens pas! – Lui : Allez, ce n’et pas si grave … – Moi : Tu ne penses pas sérieusement me laisser emménager tout seul ? – Lui : Il n’y a presque rien à déménager, allez, quoi, tu ne vas pas en faire une maladie. On va vivre ensemble toute la vie, après. – Moi : Je t’interdis de me laisser tomber maintenant ! – Lui : Mais, je ne te laisse pas tomber, enfin ! Je ne serais absent que dix petits jours de rien du tout. – Moi : Quoi ? Dix jours ? Tu m’abandonnes dix jours au moment où on s’installe ensemble ? Dites-moi que je rêve ! – Lui : Tu m’emmerdes, Christian. La musique c’est toute ma vie et tu le sais parfaitement. Ne me demande pas de renoncer à ce genre d’opportunité. On peut le décaler notre déménagement. Non ? – Moi : Pas question, les travaux d’insonorisations sont programmés, Claudia veut que je vienne chercher mes affaires ce week-end, et puis j’en ai ras-le-bol d’être à l’hôtel ou chez Didier. J’ai besoin d’avoir mon chez moi. Ça a assez duré tout ça ! – Lui, têtu : Viens plutôt avec moi à Genève a lieu de me faire culpabiliser ! – Moi : Non ! Non ! Il n’en est pas question ! – Lui : Mais qu’est-ce que tu viens m’emmerder avec des choses sans importance ! J’ai la possibilité de participer à un événement musical prestigieux où je vais pouvoir donner toute ma mesure, où le public est de qualité, et toi là, toi, qu’est-ce que tu fais ? Tu me parles de travaux et de cartons ! Tu n’as rien compris, ma parole ! – Etc. »

Ce jour là, j’ai encore découvert une chose : lorsque Matteo défend sa passion pour la musique, qu’il s’enflamme ainsi, tout vibrant de colère, il devient si magnifique que j’en perds mes moyens. En tous cas, c’est ce qui est arrivé cette fois là. Je ne sais plus trop quand, peut-être bien au beau milieu d’une phrase, j’ai cessé de lui crier dessus, on s’est regardés, puis on s’est sautés dessus. J’étais pourtant sincèrement contrarié, mais le désir a pris le pas sur tout le reste sans crier gare. Je n’ai rien pu y faire et lui non plus. Il s’est même soumis à moi comme s’il n’attendait que ça. Jamais une chose pareille ne m’était arrivée et jamais ça n’avait été si bon. Quand je songe à ce pouvoir qu’il a sur moi, ça aussi ça me fait peur… Mais, en même temps, j’adore ça.

Après, j’étais calmé et davantage en état de l’écouter. Il a réussi à me prouver par A plus B qu’une si belle opportunité musicale valait amplement de louper nos premiers moments de vie commune.

Voilà pourquoi je me suis tapé le déménagement tout seul et voilà pourquoi c’est mon verre de whisky qui me réchauffe ce soir. C’est vrai, il n’y avait pas grand’ chose à déménager, mais tout de même, pour le principe…

Je n’en peux plus d’être sans lui, je n’en peux plus de frustration et de solitude. Il revient demain matin. Je serai déjà au boulot, je pense. Je vais compter les heures !

Peu après que Matteo soit parti, j’ai tenté de renouer le dialogue avec Claudia. Je voulais seulement quelques nouvelles, entendre sa voix. Je l’ai appelée du bureau, un midi. Mal m’en a pris. Elle m’a fait savoir qu’elle essayait d’apprendre à vivre sans moi et qu’elle me serait très reconnaissante de lui foutre la paix. Comme j’insistais gentiment, elle m’a terrassé d’un « Ecoute, Christian, tu n’es plus mon mari, tu n’es et tu ne seras jamais un ami, tu n’es plus pour moi que le père de mes enfants, point barre. Alors, cesse de perdre ton temps à essayer de me ramener à de meilleurs sentiments. Laisse-moi tranquille, c’est la seule chose que j’attends de toi. » Pour m’achever, elle m’a déclaré qu’elle souhaitait me racheter ma part de notre maison, que sans cela elle ne se sentirait pas vraiment chez elle, que je n’allais pas tarder à recevoir un courrier de son avocat à ce sujet. Tout cela m’a complètement laminé le moral.

J’ai bel et bien perdu Claudia. Voilà encore quelque chose qui me terrifie. Bien que j’aie encore beaucoup de difficultés à l’admettre, je parviens de moins en moins à me convaincre qu’elle me pardonnera un jour… Ma vie d’avant s’éloigne inexorablement. Rien que le fait que je pense « ma vie d’avant » me donne le vertige. Si je résume, j’ai peur de tout, en ce moment, peur de ma nouvelle sexualité, qui m’enchante, certes, mais me dépasse, peur de la solitude, peur de l’éloignement des gens qui m’étaient proches. À ce sujet, c’est bien simple, tous les amis que nous avions en commun Claudia et moi – et c’est tous les amis que j’ai –, ont pris son parti. Elle est la victime, je suis le monstre… Je n’ai plus de nouvelles de personne.

Puisqu’elle me tenait au téléphone, elle en a aussi profité pour me faire savoir que je pouvais venir prendre mes quelques rares affaires personnelles, dont mon fameux vieux fauteuil en cuir, qu’au-delà de ce délai elle mettrait tout sur le trottoir. Elle m’a aussi expressément demandé de ne venir que lorsqu’elle serait absente, dans la journée en semaine, le samedi matin ou le dimanche après-midi. J’en ai déduit que la seule idée de croiser mon chemin lui donne la nausée… Quelle misère ! Elle n’a quand même pas osé me réclamer mon jeu de clés, mais après réflexion, je me suis dit qu’elle devait avoir oublié.

J’ai choisi le créneau samedi matin. Avec mes trois valises de vêtements, mon fauteuil, ma caisse à outils, ma demi douzaine de cartons de bouquins et quelques plantes en pot, la camionnette que j’ai louée pour l’occasion était vide aux deux tiers. Il pleuvait. C’était triste à mourir. Bastien, qui était là pour me donner un coup de main, n’a même pas chercher à me remonter le moral. Il a bien vu que ça aurait été mission impossible. On s’est quand même fait un petit resto à Paris, en soirée. Ça a été le seul moment positif de ces dix derniers jours.

Je soupire et m’offre une gorgée d’alcool en guise de consolation. Le rose et le gris sombre du couchant inondent Paris. Aux fenêtres, les lumières s’allument une à une.

Matériellement, on démarre de zéro Matteo et moi. Lui a vécu chez nous, puis chez Didier, c’est un nomade sans attaches. Posséder des choses, il s’en soucie comme d’une guigne. Pour le moment, j’ai seulement fait livrer un matelas, une table et des chaises – que j’ai dû choisir tout seul et pour cause… –, la cuisine est déjà équipée, mais en dehors de ça, tout est encore à acheter. Le piano, lui, n’arrive que dans deux semaines.

Je songe aux trois semaines que nous venons de vivre, moitié à l’hôtel, moitié au domicile de Didier dès que celui-ci a quitté Paris. Le dilettantisme de Matteo m’a sauté aux yeux un peu plus chaque jour. Cela fait tout son charme, mais mon Dieu, qu’il va m’être compliqué de m’y habituer ! J’essaie de ne pas m’en affoler. Il est ainsi : il vit sans contraintes autres que celles que lui imposent l’art et les activités qui en découlent. Les choses matérielles de la vie quotidienne lui passent complètement au-dessus de la tête. Il oublie de faire les courses, ne pense à manger qu’à l’instant où son ventre gargouille, oublie l’heure voire même la date de son rendez-vous chez le médecin… Il est continuellement dans la lune, la tête perdue dans ses nuées de notes. Combien de fois l’ai-je surpris les yeux fermés, assis dans une sorte de transe, à composer des airs, à répéter des mélodies en silence, ses doigts battant la mesure. Dans ces moments, je n’existe plus. Plus rien n’existe. L’Artiste médite, l’Artiste crée, rien ne doit interférer.

 

Je sursaute en entendant la sonnette. Qui cela peut-il être ? Je vais ouvrir. Une jeune femme à la physionomie délicate, aussi blonde que pâle, se tient devant moi. Emmitouflée dans son manteau rouge, elle me tend la main avec un sourire timide.

— Bonsoir.

— Bonsoir… Dis-je, perplexe, en la lui serrant.

Son visage me dit quelque chose, ses pommettes hautes, ses yeux bleu délavé, presque bridés… Mais, nom d’un chien, qui est cette fille?

— Vous ne me remettez pas ? Je suis Ludmila.

— Ludmila ! Mais, bien sûr. Sans le maquillage et l’éclairage de la scène, je ne vous avais pas reconnue, désolé. Entrez.

— Je ne fais que passer. J’étais dans le quartier pour une audition. Je voulais en profiter pour rendre cette partition à Matteo.

— Il est absent. Posez-la ici, dis-je ne lui désignant la table.

Elle regarde autour d’elle.

— C’est sympa ici.

— Sympa mais pas encore aménagé. Ne faites pas attention au désordre, dis-je en repoussant du pied un carton en plein dans le chemin. Je vous offre quelque chose ?

— Je ne voudrais pas vous déranger.

— Pas du tout. Ça me fait plaisir. C’est l’occasion de faire connaissance.

— Effectivement, fait-elle en me considérant avec insistance.

— Bière, vodka, whisky ? Ou, sinon, j’ai du jus d’ananas.

Elle pose son sac à main, ôte son manteau avec des gestes mesurés, s’approche de la fenêtre pour y jeter un coup d’œil.

— Le jus d’ananas m’ira très bien. Je suis très exigeante en matière d’alcool. Ne le prenez pas mal. Mes origines russes…

— Ah, il vient donc de là ce petit accent.

— Hé oui, et mes yeux bridés de quelques vieux gènes évènes resurgis, sourit-elle.

Le temps d’un aller retour à la cuisine et nous voilà attablés, moi avec mon whisky et elle avec son jus d’ananas.

— Je pensais que Matteo serait revenu de Genève.

— Demain matin.

— Vous savez si cela s’est bien déroulé là-bas, pour lui ?

— À chaque fois que je l’ai eu au téléphone il était aux anges, en tout cas.

— C’est bien, murmure-t-elle.

Un silence assez long pour devenir gênant s’installe. J’ai beau chercher quelque chose à dire rien ne me vient. Elle passe et repasse nerveusement l’index sur le bord de son verre.

— Ça me fait drôle de me retrouve là en face de vous, Christian.

— Ha, oui ?

— Ça… Ça se passe bien, alors, Matteo et vous ?

— Heu, oui… Je… Enfin, à quel niveau, vous voulez dire ?

— À tous les niveaux.

— Hé bien, oui, hé hé… Si j’ai quitté femme et enfants pour lui, c’est que ça se passe bien, oui !

— Vous l’ignorez peut-être, mais j’étais… Je suis amoureuse de lui, avoue-t-elle en rougissant.

— Je suis au courant.

— Ah oui ? Il vous a parlé de moi ?

— Bien sûr. Et toujours en bien.

Je commence à m’inquiéter de la tournure que prend la conversation et encore plus de son sourire qui pâlit. Et flûte ! La voilà qui se décompose. Elle se lève précipitamment, se détourne pour se cacher de moi, attrape son manteau.

— Je ne vais pas vous déranger plus longtemps.

Je la rejoins, la prends par l’épaule.

— Hé, qu’est-ce qui vous arrive ?

Elle ne cherche pas à s’échapper, me dévisage.

— De vous aussi, il ne parle qu’en bien, renifle-t-elle.

—Matteo ne dit jamais de mal de personne quand on y réfléchit.

— C’est vrai, reconnaît-elle en riant doucement au milieu de ses larmes. Je ne suis même pas certaine qu’il soit capable de penser du mal de qui que ce soit.

— Vous êtes sûre que vous ne voulez pas une petite vodka ? C’est de la Frïs. Bon, c’est danois, pas russe, mais…

— Allez, va pour un verre de vodka. Je crois en effet que ça ne me fera pas de mal, dit-elle en se rasseyant.

Je vais lui préparer son verre. Cette jeune personne est précieuse à Matteo. Pas question de la laisser repartir d’ici déprimée. On trinque à la santé de l’homme que nous aimons, elle boit cul-sec, je la ressers. Ça la fait sourire.

— Ça va mieux ?

— On va dire que oui.

Elle m’observe avec curiosité et, je crois, une pointe de tendresse. Elle pousse un gros soupir et fait une moue dépitée.

— Vous savez, c’est terrible de… – Elle s’interrompt, fixe à nouveau toute son attention sur son verre. – C’est très douloureux pour moi de savoir que Matteo est en couple avec vous. Tant qu’il était célibataire, j’avais un espoir.

— Vous devez me détester.

— Non… Non, je ne vous déteste pas. Je vous envie.

Ne sachant quoi lui répondre, je lui souris, je compatis.

— C’est la première fois que je connais l’amour à sens unique. C’est terrible, vous savez ? Terrible, répète-t-elle.

— J’imagine.

— Et votre femme, que pense-t-elle de tout ça ?

Sa curiosité sans détour me prend un peu de court. Je hausse les sourcils, pour le moins surpris.

— Ma femme ? Elle m’en veut à mort. Elle apprend à vivre sans moi et, selon toute vraisemblance, sera très bientôt mon ex-femme.

— J’imagine que vous vous y attendiez.

— Oui et non. Je savais que notre vie commune cesserait, mais j’étais persuadé qu’il resterait quelque chose de nos vingt ans de vie commune, que nous tenions suffisamment l’un à l’autre pour conserver de bons rapports.

— Vous connaissez mal les femmes !

— Il faut croire que oui.

— Ça n’a pas dû être facile pour vous.

— Ça ne l’a pas été et ça ne l’est toujours pas. En quelques semaines, je suis passé du statut de bon bourgeois mari et père irréprochable, à ce que vous avez devant vous : un vieux pédé solitaire qui soupire après son amant absent.

Mon résumé à l’emporte-pièce nous fait rire.

— Dis comme ça, ce n’est effectivement pas très glamour ! S’exclame-t-elle.

— Dites-moi, Ludmila, ça vous dirait qu'on dîne ensemble ?

— Vous voulez dire là, maintenant ?

— Oui.

— Pourquoi pas.

— Par contre, je ne vous cache pas que le frigo est quasiment vide… Et que, bon, la cuisine, ce n'est vraiment pas mon truc.

— Ha oui ? À Matteo non plus ce n'est pas son truc. L'un de vous deux va devoir s'y mettre un minimum.

— Je sais. Ce n'est pas gagné, mais je vais m'y coller… Matteo est trop tête en l'air. Il serait bien capable de nous empoisonner avec des ingrédients périmés.

La remarque la faire rire de bon cœur.

— Je vous indiquerai de bons sites culinaires, vous verrez, c'est à la portée de tout le monde. Sinon, pour ce soir, je connais un bon couscous à trois rues d'ici.

— Parfait ! Il est 19h30, allons-y, il n'y aura pas trop de monde à cette heure.

Ce resto avec Ludmila s'est révélé être le second moment agréable de ces dix jours sans Matteo. Cette fille m'a plu. Ça m'a fait un bien fou de parler avec elle. Nous avons fait la liste des défaux et des qualités de notre beau Matteo. Il a dû en avoir les oreilles qui sifflent ! Mais nous n'avons pas uniquement parlé de lui. Elle m'a raconté sa vie, je lui ai raconté la mienne. En plus, j'ai apprécié son honnêteté. Elle a en effet reconnu que se rapprocher de moi lui permettrait de rester en contact avec Matteo plus facilement quand le spectacle qu'ils font ensemble serait terminé. À l'issu de cette soirée fort agréable et bavarde, il m'a semblé qu'une amitié était envisageable avec elle, et que cela représenterait peut-être une nouvelle pierre posée aux fondations de ma nouvelle vie.

Photo©Flickr du photographe Stefano Marchionini

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