J'ai reculé un peu ma chaise pour mieux observer ses réactions. Je fixe son profile à m'en crever les yeux. Je suis si anxieux d'avoir ses appréciations. Je le vois avaler sa salive. Mon Dieu qu'il est sérieux ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il prenne autant de temps. J'ai l'impression qu'il est silencieux depuis une heure ! Je commence à être au supplice. C'est qu'il s'agit de mes premiers tirages format quinze/vingt-et-un peaufinés en labo. Pour mes photos de Paris j'étais abonné au format treize/dix-huit, plus facile à développer. Plus c'est grand, plus c'est complexe à réussir. Il a sous les yeux trois portraits de lui et sept vues de son corps nu…
— La vache, Christian… C'est… Whaou ! lâche-t-il enfin.
Il a parlé sans détacher les yeux des épreuves étalées sur la table. Il en prend une, la tient à la verticale en s'adossant à sa chaise.
— Je ne savais même pas que je pouvais avoir ce regard là, dit-il.
— Fais voir, c'est laquelle?
ll tourne vers moi un cliché pris à l'italienne. C'est celui où il fixe l'objectif avec un éclat un peu tragique au fond des yeux, un air qu'il n'a pas souvent, c'est vrai.
— C'était quand ? Je me souviens pas du tout que tu m'aies pris en photo sans que je te souris ou que je pose vaguement.
— C'était avant la représentation au Châtelet. Tu sais, début avril ? Tu était un peu stressé.
— C'est vraiment étrange…
Il n'achève pas, reste encore un instant captivé par ce portrait de lui, puis repose la photographie délicatement. Il reporte à nouveau son attention sur les neuf autres, glisse un index sur le papier semi-brillant, suivant rêveusement les courbes en noir et blanc de sa propre anatomie.
— Qu'est-ce qui est étrange ?
— Je ne sais pas… J'ai l'impression de… Comment dire ? De découvrir la manière dont tu me vois vraiment.
Il me regarde enfin avec un sourire timide.
— Et alors ?
— Alors ? Et bien, tu me vois beaucoup plus beau que je ne suis en réalité.
— Non, monsieur. Je te vois tel que tu es, dis-je en riant.
— C'est magnifique, en tout cas. Je suis retourné… Quand je pense que tu as osé me dire que tu n'avais pas de sensibilité artistique !
— Ces photos sont belles parce que j'ai un modèle sublime.
— Arrête la modestie. Je n'y connais pas grand chose en matière de photographie artistique, mais je sais reconnaître le talent quand je le vois.
— Merci, c'est gentil.
— Tu les as montrées à Gaël ?
— Non ! Tu avais la priorité, voyons.
— Montre lui. Tu auras un avis d'expert. Je suis sûr qu'il va halluciner. Tu as déjà vu ce qu'il fait, lui ?
— Il m'a montré ses boulots d'archi, c'est tout.
— Quoi, tu n'as pas vu son site photos ?
— Non. Je ne savais même pas qu'il en avait un.

Il m'entraîne illico devant l'ordinateur et m'emmène sur le site en question. Les images que j'y découvre sont effectivement très impressionnantes, construites, structurées, saisissantes. On sent que rien dans la composition n'a été laissé au hasard. J'y retrouve fidèlement la sensibilité et le caractère tourmenté de leur auteur.
— Ça alors, pourquoi il ne m'en a pas parlé ? C'est fou ça. Il sait que ça m'aurait intéressé.
— Il voulait peut-être attendre que tu lui montres ce que tu fais. On lui demandera.
On fait le tour de tous les clichés mis en ligne. Il s'agit principalement de vues urbaines épurées, parfois oppressantes. Chacune de ces images a un fort impact émotionnel sur moi. Je sais déjà que j'y retournerai pour m'attarder sur celles qui me frappent le plus, notamment ses prises de vue de nuit. Sa vision de la ville est vraiment très personnelle, sombre et passionnelle à la fois… La plus triste tour de banlieue prend des dimensions post apocalyptiques, le moindre bout de pelouse celles d'une oasis menacée… Je suis ébahi.

— Teo…
Je n'ai encore rien dit à Matteo au sujet de ce qui s'est passé entre Gaël et moi lundi dernier. Ça me pèse. J'y ai beaucoup réfléchi et j'en suis arrivé à la conclusion que je ne dois pas lui cacher une chose aussi importante. Il me semble que c'est le bon moment.
— Oui ? m'encourage Matteo, me voyant hésiter.
— A propos de Gaël… Il s'est passé quelque chose de bizarre, l'autre jour, avec lui.
— De bizarre ? C'est à dire ?
— Et bien, c'était lundi, tu sais, le lendemain de son anniversaire. Il est passé vers onze heures pour récupérer son mobile et il est resté m'aider à ranger tout le bordel, à laver la vaisselle. On parlait tranquillement de choses et d'autres, il m'expliquait qu'il commençait à nous voir toi et moi comme des amis, et tout à coup, je n'ai pas compris, il s'est mis pleurer, mais à pleurer… Tu aurais vu ça ! Il s'est littéralement écroulé, là, comme ça, devant moi. Je me suis trouvé tout con… Sans mentir, jamais je n'avais vu pleurer un adulte aussi fort.  
— Tu as fait quoi ?
— Je l'ai pris dans mes bras. Il a mis un temps fou à se calmer. Pour te dire, il a trempé mon tee-shirt. J'ai essayé de le faire parler, mais rien à faire. Tout ce que j'ai compris c'est qu'il se sentait seul et nul… Mais ça il me l'avait déjà dit sans se mettre dans tous ses états comme ça… Je n'ai toujours pas compris ce qui lui a pris.
— Il ne t'a pas parlé d'une certaine Mathilde ?
— Non…
— Il m'avait demandé de le garder pour moi, mais bon, là… C'était sa petite amie. Elle est morte d'une leucémie à dix-neuf ans. Ça fait presque deux ans et il n'arrive pas à faire son deuil. C'est pour ça qu'il est comme ça… Pas joyeux, joyeux…
— Ah, mince… Je comprends mieux… Mais, comment tu t'y es pris pour le faire parler d'une chose aussi personnelle ?
— On parle pas mal lui et moi.
— Je lui fais peur ou quoi ?
— Je crois plutôt que tu l'impressionnes.
— J'en doute. Il n'a peut-être rien voulu me dire, mais par contre il m'a réclamé un baiser…
— Oh, comme c'est surprenant ! lance Matteo sur le ton de l'ironie.
Plutôt stupéfait pas la légèreté de sa réaction, je considère mon amant, interdit. Le connaissant, je me doutais qu'il n'allait pas me faire une scène, mais tout de même…
— Bien sûr que c'est surprenant, m'exclamé-je, en tout cas de mon point de vue ça l'est. Ça l'est énormément, même ! Excuse-moi !
— Alors, raconte, tu l'as embrassé ?
— Ben… Oui… Tu aurais fait quoi, toi ?
— Moi ? S'il en avait exprimé l'envie, je lui aurais fait sa fête. Une partie de jambes en l'air ça change les idées.
— Non, mais blague à part.
— Je ne plaisante pas. Tu me connais, j'aime faire plaisir…
Il me décrète ça avec cette désinvolture teintée d'insolence qui n'appartient qu'à lui. Son aplomb, autant que la déclaration elle-même, me laisse une nouvelle fois sans voix. Si je n'avais pas moi-même "fauté" avec notre jeune voisin, je pense qu'une belle engueulade se serait amorcée, mais bon, vu ce qui s'est passé, je suis mal placé pour me révolter. Les émotions s'entrechoquent en moi. Je ressens de la colère sans en comprendre véritablement l'objet et de la culpabilité tout en me disant que je ne suis peut-être coupable d'aucun crime finalement… Je suis perdu.
— Allez, Christian, raconte. Vous avez été jusqu'où lui et toi ?
— Et bien, plus loin que je n'aurais voulu… Ça a un peu dérapé.
— Comment ça "dérapé" ? s'inquiète mon amoureux en fronçant les sourcils.
— Et bien, on s'est en effet embrassés, mais pas que…
— Hé, hé, le salaud, j'en était sûr ! rigole Matteo, comme si tout cela le distrayait.
— Ça ne me fait pas rire, Teo… Je n'ai pas su lui résister.
— Avec moi il veut parler et avec toi il veut coucher. Que veux-tu que j'y fasse ?
— Ce môme est désespéré. Il a seulement besoin de réconfort et j'ai l'impression d'avoir abusé de sa faiblesse.
— Sa faiblesse ! Tu exagères. ll sait ce qu'il fait. C'est un grand garçon.
— Je ne sais pas…
— Bon, allez, dis-moi tout sinon je vais y penser sans arrêt.
— Donc, on s'est embrassés…
— Il embrasse bien ?
— Comme quelqu'un qui n'a embrassé personne depuis des siècles.
— Je vois… fait Matteo, rêveur.
— Après ça, il m'a fait clairement comprendre qu'il était excité.
— Ben voyons…
— Bon, tu me laisses parler ? C'est assez dur comme ça.
— Pardon, continue.
— On a été dans la chambre d'amis et je lui ai fait un massage.
— Mmmh, un de tes massages exquis, du genre qui commence super "soft" par le dos et qui finit par une masturbation magistrale ? Un de ceux-là ?
— Oui, avoué-je dans un souffle.
— Le petit veinard. Et lui, il t'a fait quoi ?
— Rien. Je n'ai pas voulu. On s'est câlinés, c'est tout. Je ne me suis même pas déshabillé.
— Il a une belle queue ?
— Téo ! C'est tout l'effet que ça te fait ?

Au lieu de me répondre, il me considère avec tendresse. Nous ne sommes manifestement pas du tout sur la même longueur d'onde. Il me caresse le visage.
— Tu es trop mignon, dit-il en me déposant un petit baiser au coin de l'œil. Rien de grave n'est arrivé Christian. Ne fais pas cette tête.Tu as fait oublier son chagrin à Gaël le temps de lui offrir un peu de plaisir, et après ? Qu'est-ce que ça peut faire?
— Comment ça qu'est-ce que ça peut faire? dis-je, éberlué. Le mot "infidélité" t'évoque quelque chose ?
Il soupire comme si je le désespérais, comme si je ne comprenais rien à rien, comme si j'étais un enfant à qui on va devoir expliquer un truc de "grands". Ça a le don de m'agacer.  
— Je tiens à Gaël autant que toi et j'aurais sûrement été bien plus loin avec lui à ta place.
— Je rêve ! C'est sensé m'apaiser ce que tu me dis là ?
— Sors donc un peu de tes vieux schémas judéo-chrétiens. Tu as simplement écouté ton cœur.
— Ouais, tu parles. J'ai cédé à la tentation surtout !
— Tu vois, tu te mets à parler comme une bible ! Arrête avec ça. Tu ne vis plus avec Claudia mais avec moi.
— Justement, on forme un couple toi et moi et…
— Bien sûr, mais on ne s'est pas juré fidélité, ni devant un prêtre ni devant monsieur le maire. On n'a pas signé de contrat, on ne s'est passé ni bague au doigt, ni menottes aux poignets ! Tu sais parfaitement ce que je pense de tout ça. Tu ne m'appartiens pas et je ne t'appartiens pas. Essaye de voir au-delà du couple.
— Voir au-delà du couple ? Concrètement, ça veut dire quoi ? Qu'on peut tout se permettre ?
— Je n'ai pas dit ça, seulement, en ce qui concerne Gaël, je me suis attaché à lui autant que toi et je me vois mal te reprocher de l'avoir réconforté.
— J'ai peur que Gaël ait pris trop de place dans notre vie, exactement comme lui a peur de s'être trop attaché à nous.
— Dis plutôt que tu as peur d'aimer deux personnes en même temps.
— Evidemment ! C'est normal, non ?
— Ha oui ? Et pourquoi ? Tu n'as pas assez d'amour pour nous deux ? Moi je sais bien que si.
— Mais… Mais… Tu m'embrouilles là. Tu ne m'aides pas du tout.
— J'essaye de te faire retrouver un peu d'objectivité.
— Je suis objectif !
— Tu en es sûr ? Moi, je crois plutôt que tu laisses parler ta peur et tes vieux principes périmés à la place de tes véritables sentiments. Très franchement, si tu apprenais qu'il s'en va demain pour toujours, ça te ferait quoi ?
Fatigué de faire mouliner des questions sans doute inutiles dans le vide, j'arrête de cogiter et je réfléchis à sa question. Je n'ai pas le temps de me confectionner une réponse qu'il enchaine déjà.
— Gaël est fourré ici la moitié du temps. Il ne peut plus se passer de nous et nous de lui. Il t'apprend la cuisine, viens manger avec moi tous les mercredis à la Villette, passe tous ses dimanches soir avec nous. Néon est plus souvent ici que chez lui… Tiens, d'ailleurs, ça me rappelle qu'il faut qu'on achète une litière…
— Tu veux qu'on adopte le chat de Gaël ?
— C'est lui qui nous a adoptés, sourit-il. Comme son maître.
— C'est un peu trop pour moi, Teo, tout ça. Tu es en train d'essayer de me faire avaler l'idée d'un ménage à trois ou je me trompe ?
— Tout de suite, les étiquettes ! "Couple", "ménage à trois"… Quelque chose de beau et de spontanné circule entre nous trois. Pourquoi tu tiens absolument à enfermer ça dans une case ? Je ne veux te faire avaler aucune idée, j'essaye seulement de t'inviter à te débarrasser de tes clichés d'hétéro catho.
— Hé, ho, toi aussi, vas-y molo avec les étiquettes, hein ? Est-ce que je te traite de libertin débauché, moi ? m'offusqué-je.
— Christian… Je ne suis pas un libertin débauché et tu le sais, alors que toi… Toi, excuse-moi, mais tu as encore de très beaux restes d'hétéro catho, je persiste et signe. Ce n'est pas un reproche, juste une constatation… Et d'ailleurs, soit dit en passant, je trouve ça terriblement sexy la plupart du temps…
— Tu m'énerves !

Sa voix chaude est tendre comme jamais. Tout ce qu'il me décrète depuis tout à l'heure me fait peur. J'aurais bien aimé faire dégénérer cette discussion en dispute rien que pour ne pas avoir à subir tout ce qu'elle bouscule en moi, mais à force sa sérénité me désarme. Oublions cela… Pour s'engueuler il faut être deux, et Matteo se trouve a des années lumière de tout état d'esprit belliqueux.
— Si on reconnaissait tous les deux ce qu'on ressent pour Gaël, poursuit-il, ça ne changerait quasiment rien à ce qu'on vit déjà depuis des semaines.
— Je ne sais pas Teo, je ne sais pas. J'ai déjà dû assimiler une sacrée dose de bouleversements cette année. Envisager que désormais on forme un joli trio toi, Gaël et moi, c'est un peu trop pour le coup.
— La liberté ça fait peur, je comprends que tu ne l'acceptes pas si facilement.
— Ce n'est pas la question.
— C'est quoi la question, alors ? Vas-y, explique-moi.
— Tu tiens vraiment à moi, Teo ?
Il perd d'un coup son sourire.
— Ça me fait mal que tu me poses cette question.
— Moi, c'est ta réaction que me fait mal. Ça me donne l'impression que ça t'est égal. Ça m'inquiète que tu ne sois pas même un peu jaloux de Gaël.
Il fait pivoter la chaise d'ordinateur davantage vers moi, me prend les mains, verrouille son plus beau regard dans le mien, ce regard vert, grave et plein de chaleur.
— Je ne suis pas jaloux parce que je sais ce que tu ressens pour moi. Je sais comme on s'aime toi et moi. Tu as réussi à affronter la douleur de Claudia, à mettre tes relations familiales en péril, tu as pris le risque de tout plaquer pour moi… De mon côté, pour la première fois depuis Anna, je me suis senti prêt à me fixer, ici, avec toi. Et pour la toute première fois de ma vie, j'ai eu le sentiment de pouvoir enfin poser mes valises, d'être chez moi… Chez nous. Ça, Christian, je t'assure, ce n'est pas rien. Pourquoi je serais jaloux de Gaël ? Je n'ai pas eu une seconde le sentiment qu'il me détourne de toi. Il n'y a pas de perversité, pas de concurrence entre nous trois. L'harmonie est là qu'on le veuille ou non.
— Je sais, mon amour, je sais…
— Est-ce que tu as senti une seule fois la moindre tension entre nous à cause de lui ?
— A part là, maintenant ? Non.
— La tension qu'il y a là maintenant elle existe parce que tu exprimes ta peur, ça n'a rien à voir avec lui.
— Ben si, quand même un peu…
— Christian… Tu n'as absolument aucune raison valable d'avoir peur. A moins que tu doutes de moi ? Là c'est autre chose, et alors, si c'est ça, il faut qu'on en parle.
— Non, Monteo, je ne doute pas de toi.
— Toi et moi on a franchi des montagnes incroyables pour se rapprocher, on s'est rendus forts l'un l'autre. J'ai même réussi à prendre du recul par rapport à ce que peut penser maman de mon homosexualité. Enfin bref… Je conçois que tu sois réticent à te laisser aller à des libertés dont tu n'as pas l'habitude, mais de mon point de vue, je ne pense pas qu'offrir à Gaël la tendresse dont il a besoin puisse une seule seconde perturber notre relation. Si une telle chose avait dû arriver, ça serait le cas depuis longtemps, tu ne crois pas ? En tout cas, on ne serait pas là à en parler et à se poser des questions.
— En gros, tu es en train de m'expliquer avec des mots gentils que je ne suis qu'un vieux con à l'esprit étroit.
Il se met à rire. Comme j'aime lorsque son visage s'éclaire ainsi soudain.
— Je ne me permettrais pas de porter un tel jugement sur toi. Je t'estime bien trop, bello ! J'essaye seulement de te rassurer. Mais tu n'es forcé de rien. Fais comme bon te semble. Ce que j'en dis moi, c'est que si tu ressens de la tendresse pour Gaël et que tu as envie de l'exprimer, et bien exprime la ! Moi, ça ne me fait pas peur de t'affirmer que je tiens beaucoup à lui. C'est un fait. Si ce garçon attend des choses de moi que je peux lui donner, alors je lui donnerai. C'est déjà le cas : je lui offre mon écoute, mon temps, quelque tuyaux professionnels… Si demain il me demande du plaisir comme il l'a fait avec toi lundi, et bien, pourquoi pas ? Donc, ne culpabilise pas d'avoir cédé à ses avances. C'est tout… Tu l'as revu depuis lundi ?
— Non. On fait à manger ensemble demain midi normalement.
— Moi non plus je ne l'ai pas croisé ces jours-ci. Je l'ai seulement eu au téléphone ce matin. Il a annulé notre déjeuner… Je comprends mieux pourquoi, maintenant. Je suis sûr qu'il est mort de trouille encore plus que toi et qu'il rase les murs.

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Thyago Alves pris en photo par je ne sais pas qui… Photo originale sur le site pro de ce charmant jeune homme > ICI <

 

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