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La première fois que je suis tombée sur les photo du quotidien de Mirrimi, jeune photographe australienne de 20 ans, j'ai eu comme un choc. Jamais je n'avais vu célébrées les beautés simples de la vie avec autant de sensibilité, autant de talent, ni autant d'amour. 

Voici ce que nous raconte Mirrimi dans son "Journal de bord d'une jeune famille assoiffée de voyages" :

"J'avais treize ans quand ma passion pour la beauté a commencé. Au départ c'était ma sœur sauvage de six ans que je photographiais dans l'arrière-cour de notre jardin, ses taches de rousseur sur sa peau éclaboussée de soleil les chaudes journées d'été. Puis ce fut au tour des inconnus dans les rues, ma jeunesse modeste me permettant de photographier les plus authentiques moments.

Très tôt, j'ai été submergée des remous de l'adolescence angoissée. Errant dans les rues de banlieue, je trainais, mon appareil photo à la main, avec des amis surtout choisis pour leur photogénie. A cette époque, mon appareil photo est devenu une partie de moi et j'ai dormi avec à côté de mon oreiller chaque nuit pendant des années.

J'avais une telle obsession de me documenter sur la Vie que, maintenant que j'y songe, je me dis que plus qu'une collection d'images, de films et de notes, c'est une véritable mémoire que j'ai amassée.

À quatorze ans je suis tombée profondément, atrocement, passionnément amoureuse d'un garçon photographe. Il vivait de l'autre côté du pays, mais nous nous parlions toutes les nuits jusqu'à l'aube. Je me suis mise à sécher l'école pour faire des photos, inspirée par ses images à lui et poussée par mon besoin de l'impressionner. Je n'ai jamais dit à Matt que je l'aimais, mais mes paroles le révélaient si puissamment qu'il vous aurait suffit de les lire à haute voix pour le comprendre. Je me disais que si je recevais ne serait-ce qu'un seul baiser de lui, je pourrais mourir heureuse.

Mon premier travail rémunéré consista à photographier des strip-teaseuses pour des annonces sordides. J'avais quinze ans. Suite à ça, la nudité a complètement cessé de m'impressionner et j'ai pu commencer à épargner pour un vol à destination de ce qui alimentait ma passion (argent qui, plus tard, sera dépensé en réparation pour mon appareil photo après qu'il ait été abîmé par un garçon ivre lors d'une fête). J'ai perdu tout intérêt pour l'école, laissant même tomber mes cours de photographie. J'ai dit à ma mère combien je me sentais improductive et sans inspiration et elle a reconnu que je ne devais pas gaspiller ma vie plus longtemps. J'ai donc abandonné.

Peu après mon seizième anniversaire, remuée par mon mal d'amour, j'ai pris la carte de crédit de ma mère dans son sac à main au milieu de la nuit et j'ai réservé un vol pour Melbourne (où Mat vivait à ce moment là). Je me suis envolée et, le jour suivant, ma nouvelle vie commençait.

Nous étions désormais inséparables. Cette première semaine de vie commune surpassa toutes mes rêveries les plus romantiques - mais cette étape est pour un autre post. Sans abri, nous dormions où nous pouvions, surtout dans des maisons d'inconnus, des gares et des aéroports quand nous étions entre deux pays. Durant cette période nomade nous avons vu la France, l'Italie, l'Indonésie, la Nouvelle-Zélande, l'Amérique, l'Inde et le Viêt-Nam.

J'ai gagné un prix international et deux récompenses de photographie nationales. J'ai utilisé mes gains pour acheter de l'équipement, des billets d'avion et de quoi payer le loyer pour notre premier appartement. Je suis devenue la photographe de mode la plus jeune jamais signée en agence.
L'hiver suivant nous avons quitté notre studio de Melbourne pour nous envoler vers NYC afin de couvrir une campagne internationale pour Diesel. C'était ma première campagne et c'était une introduction intense au monde du travail. J'ai commencé à présenter mon travail comme une véritable photographe de mode. Bientôt mes images étaient dans les magazines, affichées en grand sur les places publiques, les trams et les bus, dans les aéroports, en couvertures de livre, etc.

De retour, lassés de Melbourne, nous avons vendu toutes nos affaires et sommes encore une fois devenus gitans. J'ai passé des mois idylliques entre Beverly Hills, le lac Tahoe et New York, tandis que Matt marchait dans le Désert Rouge, voyageait en Asie du Sud-Est pour offrir son aide aux victimes des tsunamis dans les îles Mentawaï et posait sa candidature pour aller au Merapi, volcan en activité. Mais cette période d'aventure vécue chacun de son côté fut de courte durée.

Nous nous sommes installés dans les Montagnes Bleues où nous avions toujours eu très envie de vivre. Nous avons trouvé une habitation sur une colline, avec une cheminée, une chambre, de la place pour faire un jardin végétarien et un balcon d'où l'on peut voir les montagnes, bleues et brumeuses, tout autour. Un endroit calme où nous pouvions écrire, créer et s'aimer.

Peu avant notre départ en Europe pour couvrir une campagne pour Billabong, nous avons appris que nous attendions un enfant. Un événement dont je rêvais depuis longtemps. J'ai passé ma grossesse en voyage et sur des tournages, à vivre en imagination le jour – jour que j'attendais impatiemment – où nous accueillerions notre fille. En janvier 2012, dans notre salle de séjour, nous avons fait connaissance avec la personne la plus étonnante de l'univers. Alba Joy Firebrace était née.

Ceci est notre aventure, ceci est notre vie."

 

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