J'arrive à l'heure dite devant l'Epée de Bois. Il ne pleut plus. Parée de sa multitude de lumières et plus animée que je ne m'y serais attendu un lundi soir, la rue Mouffetard luit dans la nuit qui débute. Je repère Axel de loin. Il m'attend devant le cinéma en rêvassant, emmitouflé dans son écharpe rouge et les mains dans les poches. Il se fend de son franc sourire dès qu'il m'aperçoit. Je récupère aussitôt quelques forces. 

Je lui explique que finalement je n'ai pas du tout la tête à me faire un film. Il ne s'en formalise pas, m'accroche par le bras et m'entraîne. J'aime Axel pour ça aussi, ce don qu'il a de prendre les choses comme elles viennent. J'en retire un tel sentiment de liberté. J'aimerais lui ressembler là-dessus. Je m'empare de sa main, qu'il me laisse volontiers. Que personne ne s'avise de nous insulter ou de nous regarder de travers. Vu mon état d'esprit, je ne résisterais pas longtemps à l'envie de casser les dents d'un connard, et ce, malgré le risque de décevoir Axel à nouveau. Mais, dieu merci, la foule indifférente, essentiellement composée de touristes et d'étudiants, nous laisse en paix. On remonte la rue d'un pas flâneur, puis on décide d'aller boire une pression au pub de la Contrescarpe. On s'installe dans un coin idéal, près de la fenêtre, moi sur la banquette, dos aux étagères chargées de livres, et Axel dans un fauteuil de cuir confortable.

— Mon pauvre chéri, tu as l'air défait, me dit-il après m'avoir examiné plus attentivement à la lumière douce de notre table.

— Ça a été éprouvant.

— Tu veux en parler ? 

Je soupire. J'en ai tellement gros sur la patate que je ne sais pas trop par quoi commencer. Un garçon brun tiré à quatre épingles et à l'air pressé, très charmant au demeurant, vient prendre nos commandes et s'éclipse aussi sec.

— Je n'irais pas jusqu'à dire qu'on a renoué un dialogue constructif elle et moi, mais bon, au moins, elle m'a ouvert sa porte.

— Tu as pensé à l'inviter pour vendredi prochain ?

— Oui… Une chance sur deux qu'elle vienne.

— Bon, c'est plutôt positif, alors, non ?

— Positif ? Bof. Je ne sais pas trop, dis-je, découragé.

Je lui narre l'heure passée chez ma mère, son air de martyre insupportable, la cérémonie du thé et, dans les grandes lignes, ses propos ahurissants. Au moment précis où Axel me presse et me caresse le bras pour me réconforter, on nous apporte nos bières et quelques cacahuètes. L'irruption du jeune homme, qui d'ailleurs ne tique pas, ne lui fait pas ôter sa main. J'en ressens un bonheur inédit. La douceur d'Axel, sa tendre assurance, possèdent le pouvoir de me consoler de tout, je crois. Même si, à cause de ma mère, je bouillonne encore de colère et que le dépit m'étrangle, je sais que tout à l'heure, quand nous ferons l'amour, je saurai lui prouver le sentiment de plénitude que sa présence à mes côtés me procure. Jamais je ne ressentais des choses aussi intenses et aussi sincères avec Sara. Et je pense être en droit d'affirmer que jamais elle ne faisait preuve avec moi d'un altruisme comparable à celui de son frère, cette attention particulière qui vous tire vers le haut et vous fait vous sentir meilleur. Jamais personne ne m'avait encore offert cela et, à vrai dire je n'en attendais pas autant de la vie… Malheureusement, pour l'heure, je n'arrive même pas à lui décrocher un sourire. Avoir vider mon sac auprès de maman ne m'a pas soulagé. Comment me débarrasser de ce goût amer d'injustice ? 

Axel porte son verre à ses lèvres. Je le contemple. Je contemple ce garçon heureux dont je suis amoureux, et je vois en lui un noble combattant qui, à même pas trente ans, a déjà vécu nombre de guerres et de victoires, des épreuves dont il est revenu plus fort et plus sage, épreuves jusqu'ici inconnues de moi, mais que je découvre peu à peu avec effroi… Depuis que je vis avec lui, je prends conscience de trop de choses. Il me semble y voir trop clair. Je vois mieux ce qui est beau et grand, je comprends mieux l'amour, mais je remarque aussi tout ce qui est laid. Avais-je donc un bandeau sur les yeux avant lui ? Dans quel étrange brouillard naviguais-je ?

— Tu regrettes déjà ta vie d'hétéro, n'est-ce pas ? sourit-il faiblement.

— Non. Absolument pas. Pourquoi tu dis ça ?

— Je comprendrais, tu sais.

— Arrête, Axel. Qu'est-ce que tu essayes de me faire dire?

— Rien… Seulement, j'imagine ce que tu traverses en ce moment. Je vois bien que c'est dur pour toi.

— Et quoi ? Tu as peur que je m'enfuis en courant ?

— Pas seulement…

Il fait pivoter le pied de son verre entre le pouce et l'index, un regard scrutateur sur moi. Après tout, je comprends ses craintes. Même si nous nous aimons, il connaît mon impulsivité.

— Je pourrais me sentir vexé que tu ne me fasses pas plus confiance, dis-je.

— Je te fais confiance, mais…. On a qu'une vie, et je comprendrais que…

— Arrête, tu sais bien que je ne peux plus me passer de toi, le coupé-je. 

Il me gratifie d'un regard ému adorable, sans relever davantage.

— J'ai aussi peur que tu souffres trop, ajoute-t-il. 

— Toute cette hostilité, c'est vrai que je ne m'y attendais pas, mais si je dois en passer par là, tant pis, que veux-tu… Les jugements débiles de la part de personnes que je croyais connaître, recevoir de la haine gratuite en pleine face quand on se balade en ville, tout ça j'admets que ce n'est pas évident à encaisser, mais, ça m'apprend beaucoup aussi. Après tout, c'est peut-être un mal pour un bien. Il serait peut-être temps que je me réveille.

— Que tu te réveilles ? Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Et bien, tout ça c'est l'occasion pour moi de me confronter à la réalité, d'accepter l'idée, par exemple, que je ne vis pas dans un pays aussi évolué que je croyais, que mes proches ne m'aiment pas seulement pour ce que je suis… J'étais tellement naïf ! J'en ai honte, je t'assure.  

— J'aurais dû mieux te prévenir que tu en baverais en décidant de t'afficher avec moi, fait-il, la mine inquiète. Mais, je ne voulais pas t'effrayer plus que tu ne l'étais déjà par tes sentiments et tes désirs nouveaux. Je ne voulais pas te faire fuir… ni te perdre…

— Axel.

A défaut de pouvoir l'étreindre tout entier, j'obéis au besoin impérieux de lui presser fort la main.

— Je ne regrette rien. Pas une seconde. Tu vaux un milliard de fois ce que j'endure en ce moment. Je t'aime, dis-je.

ll sourit, apparemment très ému et soulagé de m'entendre prononcer ces mots ici et maintenant. Quand je pense combien j'avais du mal à dire ce genre de chose à Sara. Et à chaque fois, j'avais l'impression de sonner faux… Là, ça m'est venu tout seul. D'ailleurs, j'en suis le premier surpris. Tout en lui m'indique qu'il a autant que moi l'envie d'un baiser. On se le réserve tacitement pour plus tard.

— Si tu m'avais vu chez ma mère, tout à l'heure. J'ai eu envie de tout casser, de massacrer son salon. Je ne sais pas comment j'ai réussi à me contenir.

— Tu as été courageux d'aller lui parler.

— Courageux, je ne sais pas. C'était nécessaire. Elle m'a tellement déçu ! Dire que j'ai toujours eu d'elle l'image d'une femme clairvoyante. L'entendre débiter ses inepties à la Boutin, ça m'a tué sur place. Je me suis vu lui expliquer ce que voulais dire être amoureux, tu imagines ? Je lui ai même donné un mini cours sur la sexualité…

Je bois trois gorgées de bière en revivant une fois de plus le dialogue aberrant que j'ai eu tout à l'heure avec la personne que je croyais le mieux connaître au monde, ma propre mère. Et je n'en reviens toujours pas.

— Tu m'as dit qu'elle s'est quand même calmée sur la fin. Qu'est-ce que tu lui as dit pour la ramener à la raison ?

— La ramener à la raison, je n'irais pas jusque là… Le truc, c'est qu'elle n'a pas su quoi m'opposer quand je lui ai dit que je n'avais pas changé d'un pouce, mais que c'est elle, son regard sur moi, qui avait changé. Là, sa belle logique s'est enrayée d'un coup et elle a tombé le masque. Elle m'a dit la vérité, elle a admis que c'est elle qui avait un problème avec ce qui se passe au pieu entre deux mecs, que ça l'écœurait de m'imaginer au lit avec toi, que c'était viscéral. Ça m'a blessé d'entendre ça, tu imagines, mais en même temps ça m'a soulagé de la voir un peu honnête. Elle n'était pas fière de m'avouer un truc pareil.

— C'est fou que tu aies réussi à lui faire admettre ça, s'étonne Axel.

— Elle m'a poussé à bout, alors j'ai fait pareil.  

— Le délire autour de notre sexualité est ce qui fonde l'homophobie. Tu as fait très fort en l'amenant à ça dès votre première confrontation là-dessus. 

— En y repensant, c'est vrai que pour une fois j'ai presque assuré à l'oral.

— Avoue que c'est plus constructif que de tout casser, me dit-il, l'œil tendre.

— Oui… On dirait que j'apprends la patience avec toi. 

Je me remémore le visage effrayé de maman, la sincérité assassine de son dégoût.

— Si on m'avait dit qu'un jour je parlerais sodomie avec ma mère…

— Ah, oui, quand même ! Je ne pensais pas que vous aviez été aussi loin dans les détails.

— Elle l'a cherché. Elle a commencé à me dire que c'était un acte immonde, pervers, etc. Je te jure, ça m'a fait halluciner de la savoir habitée par des pensées pareilles, aussi moches et aussi déconnectées de la réalité. En plus, qu'elle ose nous y associer toi et moi, là, ça m'a fait mal. L'ignorance salit tout, même des sentiments qu'on croyait plus fort que tout. 

— Bien dit, soupire mon amoureux.

— C'est peut-être con à dire, mais franchement, les gens de sa génération auraient bien besoin de cours sur la sexualité.

— Pas uniquement les gens de sa génération, si tu veux mon avis…

 

Puisqu'on est là, bien installés, on décide de manger sur place. Je dévore mon cheese-burger servit par notre sémillant serveur qui, lorsqu'il nous apporte nos plats, nous gratifie d'un "Et voilà pour les amoureux" qui me fait grand plaisir. Cette bienveillance si agréablement banale, l'écoute incomparable d'Axel, et voilà que le moral revient. 

— Les homophobes me dépassent. Je ne sais pas quels trucs glauques ils s'imaginent, mais ça doit vraiment être immonde pour qu'ils en arrivent à ressentir une telle répulsion. Avant de sortir avec toi, je n'avais jamais vraiment pensé à l'homosexualité. Je m'en foutais, tout simplement. Je n'en finis pas de me demander pourquoi tous ces gens que ça ne concerne pas focalisent là-dessus.

— Parce qu'ils pensent justement que ça les concerne.

— Mais en quoi, putain ? En quoi ? m'énervé-je.

— Ça relève du fantasme, du délire, comme tu le dis bien, dans le sens où ça ne s'appuie jamais sur des arguments rationnels. En gros, ils ont peur que les comportements minoritaires pervertissent la norme, et, par-dessus le marché, que leur reconnaissance par la loi incite leurs enfants les adopter. Alors quand ça concerne la sexualité, un sujet déjà mal connu à la base, et qui touche à l'intime, en plus, c'est la levée de boucliers ! Ils nous toléraient tant qu'on restait terrés, invisibles, maintenant qu'on est légalement autorisés à exister dans la société, à égalité avec eux, les "normaux", pour eux c'est aussi catastrophique que de légaliser une drogue dangereuse ou une forme de crime. Voilà pourquoi cette histoire de mariage gay a réveillé leur haine.

— Il n'y a rien à faire, je n'arrive pas à concevoir qu'on puisse se complaire dans une logique aussi absurde. 

— Je sais, ce n'est pas facile… Ça remonte aussi sûrement à des règles et des tabous de l'Âge de Pierre. Difficile à dire… Même quand on a toujours été homo, comme moi, qu'on a bien eu le temps de tourner et de retourner ces questions et d'expérimenter l'incompréhension des gens au quotidien, on reste perplexe face à toutes ces manifestations de rejet. Il y a beau avoir pleins de théories sur les causes de l'homophobie, au final personne ne sait exactement pourquoi ça existe. 

— Toi tu en as fait les frais. Quand je pense que tu as même fini à l'hôpital… Si j'avais dû subir des agressions, des insultes ou des moqueries toute ma jeunesse ça m'aurait mis la rage au bide, je peux te l'affirmer. Je serais devenu le dernier des connards. Je le sais. Comment tu as fait pour devenir le mec génial que tu es ?

— Tu es mignon Max, mais je ne suis pas génial, je suis seulement équilibré. Tu connais nos parents à Sara et moi. On a grandi dans l'amour et ça nous a rendu solides, c'est tout. Et pour ce qui est de l'homophobie ordinaire, si j'ai su m'en protéger la plupart du temps, ou au moins ne pas me laisser trop affecter, c'est parce que je n'ai jamais laissé qui que ce soit me réduire à ma sexualité. J'ai toujours su remettre ce sujet à la place qui lui revient : une place secondaire, loin derrière l'affectivité, les qualités de cœur, l'ouverture d'esprit, la créativité, toutes ces choses qui font la beauté d'une personne… Quand tu t'intéresses vraiment aux gens – bon, à moins de tomber amoureux, évidemment – leur sexualité tu t'en fous, comme tu te fous de la couleur de leur cheveux, de leur origine raciale ou de leur genre. Pour moi, rien de tous ces détails ne déterminent la valeur de quelqu'un. Tous autant que nous sommes, on est un ensemble de ces multitudes de détails, un ensemble complexe et unique. Se définir, ou laisser les autres te définir uniquement pas l'un d'eux est la pire des erreurs. Quoi ? Tu me regardes d'une manière… 

— J'adore quand tu t'enflammes comme ça, dis-je

— Je m'enflamme, tu trouves ?

— Mm. 

Le vin et la passion lui font briller le regard et rosir les joues. Je fonds. J'ai de plus en plus envie de lui. Rien que de l'imaginer bientôt nu dans mes bras, riant sous mes chatouilles, puis soupirant sous les assauts du plaisir, j'en perds la boule. J'espère qu'il ne va pas vouloir de dessert, qu'on va régler vite-fait l'addition… J'espère qu'il est sur la même longueur d'onde que moi. Avec lui, je ne sais pas toujours, il a le désir plus capricieux que moi.

 

Un quart d'heure plus tard, nous refermons la porte de l'appartement derrière nous, et je suis fixé. Il balance son écharpe, me pousse contre le mur sans prendre le temps d'ôter son imper, et m'embrasse comme un dingue. Notre faim est la même. Je m'abandonne, entre rire et vertige, je le laisse me dévorer de baisers, me dénuder dans le désordre et partiellement pour me toucher partout. Sa bouche garde la mienne captive et me soumet pendant que sa main me trouve. Sous ses doigts, le plaisir fleurit trop vite. Je dois me rebeller pour calmer l'emportement. Je lui attrape la nuque pour reprendre le contrôle du baiser, me dérobe à ses caresses, le coince à mon tour contre le mur. Son corps, son souffle, son regard, tout en lui m'exige. Je ne veux pas céder trop vite. On est là, dans la pénombre de l'entrée, le souffle court, à moitié déshabillés, nos visages à deux centimètres l'un de l'autre et nos corps épousés. Je reprends ses lèvres plus doucement. Nous échangeons alors le plus enivrant baiser qu'il m'ait été donné de connaître, un baiser long et suave, un baiser qui dit tout. Quand il me dit "Viens, allons dans la chambre", je suis à lui corps et âme. Je lui emboîte le pas sans toucher terre. Je me trouve dans un tel état second qu'il m'aurait invité à m'envoler par la fenêtre avec lui qu'il est fort probable que je l'eusse suivi tout aussi docilement…

Ivres l'un de l'autre, nous faisons l'amour avec une fièvre inédite dont je ne cherche pas à comprendre l'origine, jusqu'à plus soif, jusqu'à nous oublier dans un sommeil profond. 

*** 

Je sursaute, en sueur et en panique. On est mardi matin et, avec ce désir fou qui nous a emportés hier soir, on a oublié de mettre le réveil. Ouf, tout va bien, il n'est que six heures trente. Axel est déjà debout à cette heure, d'habitude. Là, il dort à poings fermés. Je savoure le si rare privilège de le contempler endormi, puis je lui baise l'épaule. Il émerge vaguement, se blottit le nez dans mon cou, enroule un bras farouche autour de ma taille. Il me demande l'heure, je lui réponds, il soupire, s'arrache à moi à regret, et se lève. Ebouriffé et indécis, il tourne autour du lit à la recherche, j'imagine, d'un vêtement.

— Ne me regarde pas, je suis affreux au réveil, ronchonne-t-il.

— Au contraire, tu es beau à en crever.

— Mais ouais, c'est ça… T'as pas vu mon slip ?

— Tu veux dire celui-là ? dis-je en brandissant l'objet que je viens de dénicher entre les draps.

Quand il veut s'en saisir, j'en profite pour l'attraper par les poignets et l'attirer dans mes bras. Après la nuit que nous venons de passer, pour une fois, il peut bien ranger sa mauvaise humeur du réveil. Je prends le risque. Et j'ai raison de le prendre : il ne m'oppose aucune résistance, s'amollit même en riant.

— Déjà que je n'ai pas envie d'aller bosser, alors là tu ne m'aides pas du tout.

— Embrasse-moi.

Il obéit. Et il ne fait pas semblant. Il y va de tout son cœur. Je sens immédiatement que, tout comme moi, il aimerait aller plus loin. A croire que nous sommes encore sur la lancée de notre merveilleuse nuit. Dommage qu'il faille attendre ce soir…

— Si tu voulais, je t'épouserais, dis-je.

Il me scrute, aussi surpris que moi par la déclaration.

— Tu es sérieux ?

— Oui. Je le suis.

Il me sourit malicieusement, se redresse de façon à pouvoir mieux me regarder en face.

— Tu sais que ça ne se fait pas de demander en mariage une personne complètement à poils.

— Non, je ne savais pas. Je m'en fous.

On est plus hilares que des gamins délurés, pourtant c'est vrai que je n'ai jamais été plus sérieux de toute ma vie.

— Je veux bien, décrète-t-il.

— Tu veux bien… ?

— T'épouser. Je veux bien.

Avant de laisser démarrer la journée qui nous attend au dehors, nous nous enlaçons.

 

FIN