Je suis content, ce soir, j'ai impeccablement réussi mes lasagnes de pâtes fraîches. Camille et moi les dégustons accompagnées d'un petit Saumur bien sympathique. Après avoir parlé de voyages – de l'Indonésie que je ne connais pas et dont elle est originaire pour un quart, des pays où l'on a eu l'occasion d'aller, de ceux que nous aimerions découvrir… –, ma belle invitée et moi nous étranglons de rire en évoquant les anecdotes et les clients les plus rigolos du Large.

Quel bonheur d'avoir enfin quelque temps l'appartement pour moi seul ! Julie est partie en Angleterre pour son stage linguistique. On a beau s'aimer ma petite sœur et moi, trois semaines sans nous voir vont nous faire à tous les deux le plus grand bien. Si elle savait comme je cuisine bien quand je veux – ou plutôt quand je suis amoureux –, elle sauterait au plafond d'indignation. Ça m'arrange qu'elle ne soit pas là pour voir ça.

Les confidences pour le moins bouleversantes de Camille, lors de la nuit passée chez elle, à l'inverse de ce qu'elle redoutait, ont encore aiguisé mon désir de la découvrir. Depuis, nous partageons quasiment tous nos moments libres. Quel meilleur moyen de se découvrir, en effet, que de passer du temps ensemble ? Ainsi, nous démarrons notre journée par une balade sur la plage, tôt le matin. C'est devenu une habitude. D'ailleurs, à bien y regarder, je remarque que tout devient spontanément une habitude entre nous… Je pars donc la retrouver au phare de la Jetée des Sables, accompagné d'Élix, et nous cheminons jusqu'au lac de Tanchet. Le retour se fait par la promenade jusqu'à chez moi. Au passage, on prend du pain frais à la boulangerie. On a de la chance, jusque là le temps a été superbe, et mars promet une douceur printanière. Après cette marche soutenue et vivifiante, ponctuée de courses avec le chien, on s'offre un brunch copieux à la maison. Nous nous séparons quand vient l'heure de nous consacrer chacun à nos activités. Elle part prendre son service, moi je reste à la maison pour passer mes coups de fil pros, prendre mes rendez-vous, lire mes mails et traiter mes travaux courants avec mes clients parisiens.

Comme toujours, je m'installe au Large en début d'après-midi, non sans avoir auparavant claqué la bise à Judith et à Steph', et serré quelques mains familières. J'arrive à l'heure creuse où Camille prend sa pause. Nous en profitons pour nous offrir un café en tête-à-tête. Ce rituel, pourtant récent, n'a pas échappé à Judith. Je crois qu'elle a saisi ce qui se passe entre sa protégée et moi – enfin, son protégé, devrais-je plutôt dire, en l'occurrence… Quand j'ai croisé son regard, tout à l'heure, j'y ai lu de l'inquiétude. Il faudra que je lui parle, à l'occasion, ou peut-être Camille s'en chargera-t-elle. Je reste travailler mes créations en cours jusqu'à dix-huit heures environ, à ma place habituelle, près de la vitre, sous les portraits de Lino Ventura. Je développe ma piste pour la refonte du site Internet de la ville des Sables d'Olonne, celle que l'équipe de la mairie a enfin daigné valider, puis, quand j'ai besoin de sortir un peu de ce vaste chantier digital, je cherche une idée pour le logo du club de sport qui vient d'ouvrir au centre ville. Créer des logos, j'adore ça. C'est comme une récréation. Je regarde beaucoup Camille également, me laisse captiver par sa grâce. Je ne me lasse pas de l'admirer en écoutant frémir mon amour. Je suis si rassuré de constater que mes sentiments n'ont pas faibli depuis qu'elle m'a dit. Parfois, je cherche le garçon en elle, mais je n'y parviens qu'avec difficulté. J'ai beau savoir, c'est toujours la femme qui s'impose à mes yeux. Tant que je ne la verrai pas  nue, l'étonnante réalité qui est la sienne restera pour moi théorique.

Plus que jamais, depuis que je sais, je réfléchis à la valeur de ce que j'aime en elle, à la teneur de mon attirance, et à ce que j'attends d'une relation amoureuse. Je cogite à tout cela en l'observant dans son travail quotidien : prendre commande, servir, sourire et desservir, répondre aux banalités avec chaleur et entrain, rire aux blagues un peu bêtes… J'ai toujours cogité au sujet des femmes et de l'amour, de mes erreurs, mais bien mal sans doute. Or, l'irruption de Camille dans ma vie me pousse à me remettre en question de façon inédite. Que sa révélation n'ait rien altéré de mon attachement pour elle, non seulement me rassure sur moi-même, mais nimbe également notre relation amoureuse naissante d'un séduisant mystère. Ce mystère, étrangement, fait ma fierté. Je le devine positif, déterminant, primordial, et ce, pour nous deux. Peut-être vais-je enfin me découvrir capable d'aimer vraiment.

Durant ma liaison avec Mathilde, je me suis senti sans valeur, minable même parfois. Avec le recul je me rends compte que la superficialité de nos rapports était dégradante. Je suis tombé trop bas en acceptant de me réduire à n'être que sa chose. Et, si je suis honnête, avec Isa, était-ce si différent ? Qu'aimais-je en elle sinon son corps merveilleux dont je savais jouer comme d'un instrument maîtrisé ? Il n'y avait entre nous pas d'autre complicité que celle-ci : nous trouver beaux ensemble et le sexe. Aux premiers signes de détresse, de fatigue, de chagrin de ma part, pendant le cancer de papa, il n'est très vite plus rien resté de nous.

Auprès de Camille, je suis bien, tout simplement bien. Je me sens considéré et pris comme je suis. Notre estime mutuelle s'est suffisamment consolidée pour ne plus pouvoir être remise en question. Là-dessus, je suis sûr de moi, je ne me trompe pas. C'est bien la première fois depuis Nath, mon amour de jeunesse, que je suis aussi confiant. J'ai vu en Camille les mêmes qualités de cœur qu'elle, qualités que je désespérais de retrouver chez quiconque un jour. 

Chaque soir, elle vient me rejoindre à l'appartement pour partager le dîner avec moi, dîner, donc, que je concocte avec grand soin et une joie chaque fois renouvelée. Hier et avant-hier, comme on n'arrivait pas à se quitter, je l’ai invitée à rester. On a dormi ensemble. Simplement dormi… Les choses, entre nous, suivent leur cours délicat. Seule la peur flagrante de Camille au sujet de notre rapprochement physique met une ombre au tableau. Autant, de mon côté, je l’envisage maintenant sereinement, autant elle semble redouter ce moment. Elle craint certainement que je ne puisse franchir ce cap, comme l'un de ses ex qui pourtant l'aimait sincèrement. Ce n’est pas faute de la cajoler et de lui faire comprendre mon attirance. Mais rien à faire, ça bloque de son côté. Au moment du coucher, la voyant pudique, un peu évitante, la devinant fragile, je me dis : "Nous verrons plus tard, rien ne presse, arrivera bien le moment où…", mais, en réalité, je n'ai que cela en tête. Je suis impatient de découvrir la facette intime de Camille, même si je comprends que la peur du fiasco soit vive en elle. Nous sommes si bien ensemble, et elle a vécu tant d'échecs. Je sais qu’il ne faut surtout rien brusquer. Cependant, comme ni elle ni moi n'abordons ouvertement le sujet, je crains que l'attente ne dure. Il va me falloir être patient. Si elle savait comme je fantasme sur nos futures étreintes, et le plaisir que j’y prends ! Je l'aime. Je veux l'aimer. Il n’y a aucune risque que, face à la réalité de son sexe, des réticences soudaines s'imposent à moi. Si seulement je parvenais à la convaincre de cela ! La découverte de sa vérité, sur le moment, c’est vrai, m'a fait l'effet d'une douche froide mais, dix jours après, l'idée de sa différence m’intrigue, m’attire et ne m’effraie plus en rien. Je ne conçois plus cette différence que comme ce qu'elle est en regard de la force et de la beauté de ce qui semble vouloir nous lier : un détail. Et je ne laisserai pas un détail faire obstacle entre nous.

Camille et moi ne nous éternisons pas à table, car une petite heure studieuse nous attend. Nous nous installons dans ma chambre, devant l'ordinateur, et je la guide pour mettre en page ses quatre premières fiches de stylisme dont elle a numérisé les illustrations et tapé les textes hier soir. Elle est vive et apprend donc vite. Pour monter les suivantes, il y a fort à parier qu'elle n'aura pas besoin de moi. 

Nous terminons la soirée serrés l'un contre l'autre devant La Quatrième Dimension, série mythique dont nous sommes fans tous les deux. Ni l'un ni l'autre n'avions encore vu cet épisode datant de 1962, The Gift, qui nous absorbe comme des enfants devant un dessin animé. À un moment seulement, Camille me glisse, avec son sourire mutin : "Il a des yeux presque aussi beaux que les tiens", en parlant de l'acteur principal, Geoffrey Horne. Joli compliment… Je résiste continuellement à l'envie de l'embrasser… et à bien plus, en vérité.

Il est presque une heure du matin lorsque nous allons nous glisser sous la couette. Camille dort vêtue d'un tee-shirt à col V et d'un pantalon fluide. Ce sobre ensemble noir dissimule ses formes, ne laissant voir que ses bras et ses chevilles. Moi qui dors toujours nu, et qui déteste porter ce qui ressemble de près ou de loin à un pyjama, pour elle, évidemment, je fais un effort. Après la douche, je passe un tee-shirt près-du-corps et un boxer. Je me sais à mon avantage dans ces vêtements blancs moulants et, elle a beau faire ses regards sur moi aussi discrets que possible, je les note tous… Je me demande ce que va nous réserver cette troisième nuit côte à côte.

La première nuit, une fois dans le noir, dès que j'ai fait mes baisers plus profonds, dès que j'ai accentué notre étreinte, j'ai senti sa réticence. Et, quand j'ai passé ma main sous son haut, pour toucher la peau de son ventre, elle a stoppé mon geste. Elle m'a dit "Ça ne t'ennuie pas si on dort, plutôt ?" C'est seulement alors que j'ai pris conscience de l'intensité de sa peur. Car l'envie était bien là aussi de son côté, j'en suis sûr. La seconde nuit, je n'ai rien tenté. Une fois la lumière éteinte, nous avons continué à parler de mille sujets, nous nous sommes câlinés puis, elle s'est endormie. Je suis resté à réfléchir en admirant son visage dans la pénombre, mon imagination a ôté ses vêtements, et j'ai sombré à mon tour dans les limbes du sommeil en ayant envie d'elle.

Pour l'heure, elle cale la tête au creux de mon épaule, laisse un bras en travers de mon torse et, à ma grande déception, s'endort peu après un "Bonne nuit" chuchoté. Je reste éveillé à écouter son souffle, concentré sur la chaleur de son corps pressé contre le mien, heureux de sa présence, frustré de son sommeil. Il me semble que je sens son sexe contre ma cuisse. Ce n'est peut-être qu'un pli de son pantalon. Non. Je suis certain que non. Mon cœur s'emballe un peu. Je n'ose bouger tant j'en suis troublé. Je pourrais y porter la main, histoire d'en avoir le cœur net, mais je ne fais rien. Pourtant, la simple idée de ce geste, de ce contact, m’enflamme. Je finis par m’endormir moi aussi, dans un état d’excitation très inconfortable.

Un bruit feutré inhabituel et le froid d'une absence, dans le lit, me réveillent. J'allume la lampe de chevet japonaise, cette petite lampe tendue de papier translucide et fibreux dont j'aime la lumière douce. Camille est debout. Elle a remis ses vêtements à l'exception de ses chaussettes. Elle amorce le boutonnage de sa chemise de soie rouge sur son tee-shirt noir.

— Qu'est-ce que tu fais ? Tu te rhabilles ? Il est quelle heure ?

— Oh. Désolée, je ne voulais pas te réveiller. Il est encore tôt, tu peux te rendormir.

— Tu t'en vas ?

— Oui… Je préfère y aller.

— Pourquoi ?

— Je préfère, répète-t-elle.

Je m'assois au bord du lit, me frotte les yeux, me lève. Je la rejoins et lui prends doucement les poignets. Elle me laisse l'interrompre, laisse sa chemise à demi ouverte.

— Pourquoi, Camille ?

— C'est trop dur pour moi.

— Qu'est-ce qui est trop dur ?

Elle se mord la lèvre, évite mon regard tout d'interrogation muette, soupire, hésite. Elle semble désemparée.

— De dormir avec toi sans… Je…

Elle ferme les yeux une seconde, puis m'affronte à nouveau de face, l'air cette fois résolu.

— Dormir tout contre toi, c'est une torture. J'ai très envie de toi. Mais j'ai trop la trouille. Tu… Tu comprends ? Je ne veux pas que ça gâche tout. Ce risque-là, avec toi, je…

— Moi, je n'ai pas peur.

Je lui baise doucement la bouche. Je la sens fondre aussitôt. Sa résistance est faible autant que sa volonté de s’en aller.

— Tu… Tu es sûr ? fait-elle, éperdue.

J'acquiesce en la prenant par la taille. Elle me passe les bras autour du cou, et nous perfectionnons notre baiser. Trop de désir s'enfièvre en nous pour lui tourner le dos cette nuit encore. Pendant que nos langues s'emportent l'une contre l'autre et que ses doigts me parcourent le dos, je caresse ses fesses habillées, sa chute de reins… Qu’elle m’autorise enfin ces gestes possessifs sur ses formes exquises, ces gestes dont je rêve sans relâche depuis des jours, me donne envie de pleurer de joie. J'ai si faim de sa chaleur, de sa peau. Je prends sur moi pour calmer mon enthousiasme un peu trop débordant. Si je m'emporte, je vais l'effrayer et elle risque de vouloir tout stopper. En même temps, si je suis trop timoré, notre élan va retomber de lui-même, elle va reprendre ses esprits et renouer avec ses craintes… Le meilleur moyen de me tromper le moins possible reste encore de faire selon mon cœur. Je lui lâche les lèvres et admire son visage bouleversé encore trop inquiet à mon goût.

— Moi aussi j'ai très envie de toi, lui dis-je.

— Je te crois, mais…

— Est-ce que tu me fais confiance ?

— Oui, souffle-t-elle.

Elle voit bien que je suis sincère, et, elle ne peut pas ne pas avoir remarqué mon excitation physique. À ma grande joie, elle prend la suite des initiatives. Cette fois, c'est elle qui m'embrasse, elle également qui m'entraîne sur le lit où l'on s'allonge. Malgré la tentation, je ne cherche pas à la dévêtir. Je la laisse décider quand et comment. Si elle le désire, tout se fera peut-être dans le noir. J'espère que non, car la joie lumineuse qui lance en moi ses audaces me rend plus avide que jamais de la voir nue. Allongée sur le dos, elle me regarde ôter mon tee-shirt. Ses yeux magnifiques brillent d’un feu fascinant. Elle me passe ses mains sur la poitrine, joue avec mes poils, m'admire. Elle me laisse déboutonner sa chemise et, à chaque bouton que je défais, je sais que nous nous rapprochons. Je palpe son torse, ce torse mince, souple et ferme que cache le coton noir, ce torse de garçon. Mon émotion est forte, mais définitivement, elle n'est faite que de joie. Je vais, aujourd'hui, dans ses bras, sur sa peau, achever d’apprivoiser l'idée du "il" en elle. Avec l'accord de son regard, je glisse mes caresses sous son tee-shirt, puis le remonte jusqu'au sternum. Je flatte son ventre lisse, elle mes abdominaux. Je voudrais, dans l'idéal, que mes gestes soient le reflet rassurant des siens. Mais je ne résiste pas longtemps au besoin de sentir sa douceur sous mes lèvres. Je me penche sur son nombril et déploie en ce point sensible la douce énergie de ma langue. La stimulation – et peut-être aussi les réjouissances qu'elle annonce pour d'autres creux délicats – fait son effet. Camille respire plus fort en me décoiffant, ses jambes se détendent. Je repousse son tee-shirt plus haut, sous ses aisselles. Je veux exciter un téton et la sentir en frémir. Je m'attarde sur le premier que mes lèvres rencontrent. Pour ma part, j'adore qu'une femme me fasse cela, stimule jusqu'à l'insupportable ce petit bouton de chair vulnérable… Le petit cri surpris que Camille échappe au contact électrique semble indiquer qu’il en va de même pour elle… C'est simple, en fait, je ne peux pas me tromper : sur ses zones mâles, je ferai ce que j'aime qu'on me fasse.

Son tee-shirt finit par rejoindre sa chemise, au pied du lit. Nos torses nus s'épousent et nos bouches se retrouvent, plus généreuses et plus confiantes. Je me rends compte, en l'étreignant, que le défi de satisfaire à la fois l'homme et la femme, en elle, m'enflamme prodigieusement, bien plus, à vrai dire, que je ne m'y serais attendu. La vie ne cessera jamais de me surprendre… Il faut que je lui fasse comprendre, et ainsi qu'elle n'ait plus peur de rien, qu'elle me suive. Je dégrafe son pantalon, joli pantalon brodé conçu par elle-même, et, avec son assentiment muet, je le lui baisse en même temps que son slip. Enfin je peux m'emplir les yeux de son corps nu halé qui allie les grâces des deux sexes. Elle a la pilosité d'une femme, sa taille est souple et mince, ses hanches étroites et rondes. Sa musculature harmonieuse, développée juste ce qu’il faut pour être agréablement visible, la pare d'une beauté féline somptueuse. La soie de son sexe au repos, sous mes doigts, me laisse un instant subjugué. C'est la première fois que je touche un autre sexe masculin que le mien. Ça me trouble au dernier degré et l'idée de m'en occuper me séduit terriblement… Je saurai quand le moment viendra. Je glisse une paume sur ses cuisses fuselées et chemine jusqu'à son visage. Des frissons hérissent son épiderme quand je passe sur son ventre et sur sa poitrine. Elle tremble légèrement.

— Tu es magnifique, murmuré-je.

Mais elle ne me lâche pas des yeux, anxieuse. Tout en elle semble se préparer à une catastrophe. Le miracle du plaisir, seul, je crois, saura l'apaiser. À mon tour, je me débarrasse du bas. Son attention oscille alors entre mon visage et mon érection dévoilée. Elle n'a pas l'air d'en croire ses yeux. Pourtant, maintenant, elle ne peut plus douter. Je meurs d'envie qu'elle me touche, mais elle semble trop bouleversée pour seulement y songer.

— Toi aussi, tu es magnifique, dit-elle.

Comme sous l'impulsion d'une irrépressible décision, elle se dresse face à moi, à genoux sur le matelas, dans l'exacte position où moi-même je me trouve, et me serre avec fougue contre elle, m'embrasse la joue, le cou. Je l'enveloppe de mes bras, tout heureux de ce bel élan. Elle tremble de plus belle. Alors, je prends son visage entre mes mains. Elle me sourit et pleure. Avec tout l'amour du monde, j'embrasse ses pommettes mouillées, ses yeux, son joli nez, ses lèvres. L'instant fatidique, nous y sommes, et de fatal, il n'a plus que la beauté.

 Chapitre 7