Au lendemain de la révélation intempestive de la réalité de son sexe, Camille se retrouva seul avec Julie au alentour de dix-huit heures, alors que Clément était sorti faire quelques courses complémentaires. Le regard de la jeune fille sur lui commençait à se faire pesant. Occupé à couper des carottes en bâtonnets, pour les tremper dans un délicieux tzatzíki, en prévision de l’apéro dinatoire avec leurs nouveaux voisins, il tenta d’ignorer cette insistance silencieuse. Mais Julie restait là, accoudée sur le plan de travail de la cuisine américaine, immobile, à l’observer. Camille ne connaissait que trop bien ces sortes d’inquisitions muettes et ce qu’elles annonçaient. Autant enrayer celle-ci dès maintenant.

— Tu ne voudrais pas t’occuper du concombre pendant que je fais les carottes ?

— Ah non, désolée, je ne peux plus bouger.

— Qu’est-ce qui t’arrive ?

— Courbatures.

— C’est la piscine d’hier ?

— Oui.

— C’était dur à ce point ?

— Essaie de soulever jusqu'à la surface vingt-cinq fois de suite un mannequin plus lourd que toi du fond d’une piscine et on en reparle. Si ce truc avait été un vrai gars, je n’aurais pas réussi à le sauver, c'est clair. Je crois même que j’aurais accéléré son trépas, le pauvre ! Pffff… Si j’échoue à cette épreuve, c’est foutu. Si je veux y arriver, il va falloir que je fasse plus de muscu dans les jours qui viennent.

Camille ne put retenir un sourire amusé en imaginant Julie rouge d’effort à tenter de ne pas se noyer avec le mannequin en question.

— C’est ça, moque-toi, grogna Julie. J’aurais voulu t’y voir.

— Je ne veux pas devenir hôtesse de l’air, moi !

— Stewart…

— Ou stewart, oui, si tu préfères.

Camille savait d’avance les mots que Julie allait prononcer. Mais, il faudrait être patient. Il faudrait dialoguer sans agressivité. Il en était las par anticipation. Il eut le temps de couper une carotte en deux parts égales, et chacune des moitiés obtenues en quatre frittes, avant que Julie n’ouvre à nouveau la bouche.

— Ce n’est pas si je préfère. T’es un mec, t’es un mec.

— Je vois… Tu ne t’es toujours pas remise de tes émotions d’hier matin.

— Ça non. Mets-toi à ma place !

Elle sembla hésiter à poursuivre. Camille attaqua une nouvelle carotte, commença à la peler.

— Je peux te poser une question? Il y a un truc que je ne comprends pas, osa finalement Julie.

— Je t’écoute.

— Pourquoi, à un moment donné, dans ta vie, tu n’as pas tranché ?

— Tranché ?

Il avait parfaitement compris de quoi elle voulait parler, mais ça valait le coup de lui faire croire le contraire rien que pour l’entendre préciser les choses.

— Je veux dire, pourquoi tu ne t’es pas décidé sur ton genre ? Tu ferais un super mec en y mettant du tien. Ou une super nana, d’ailleurs… Pourquoi tu as choisi de ne pas choisir ? Ça doit être hyper inconfortable. Tu es obligé de mentir la moitié du temps… Tu laisses les gens dans le flou. Ça doit être l’enfer à la longue.

Camille sentit son cœur s’emballer de colère et de dépit. Combien de fois encore, dans son existence, serait-il obligé de subir ce genre de questions stupides et de réflexions blessantes ? Jamais il ne se ferait à l’incroyable sans-gêne de ces êtres cisgenres bornés et indélicats. En d’autres circonstances, il serait parti en claquant la porte. Se voir encore obligé de se justifier sur des choses aussi intimes que ses choix de vie ou son identité de genre, s’entendre dire qu’on est un menteur, à trente ans, tout ceci était insupportable. Mais il s’agissait de Julie, la petite sœur de Clément, et Clément se trouvait être le garçon le plus aimant, le plus adorable et le meilleur amant que Camille eût jamais rencontré. Pour lui, et aussi parce qu’il était dans d’excellentes dispositions depuis que sa panne sexuelle semblait résolue, il décida de prendre sur lui, une fois de plus.

— Comme je te le disais hier, le fait que je n’ai pas choisi ne dérange que les autres. Il n’y a que pour les autres que c’est inconfortable.

— Oui, d’accord, mais quand les autres sont dérangés, ils nous emmerdent.

« Comme toi en ce moment » se retint de lui répondre Camille.

— Ecoute, je suis moi-même, et je n’ai pas à me justifier. Si ça en gêne certains, je te le répète : je m’en tape. Je ne peux pas être plus clair.

— Tu es très amoureux de mon frère, hein ?

— Oui. Je te l’ai dit et je te le redis. Je pense que ça se voit, de toute façon.

— Oui, ça se voit… Lui aussi est dingue de toi, ça crève les yeux. Même pour lui, pour lui faire plaisir, tu ne voudrais pas devenir une vraie femme ?

— Ni pour lui, ni pour le pape, ni pour Dieu en personne je ne voudrai devenir une "vraie" femme, comme tu dis. J’en suis déjà une. A moitié, c’est vrai, mais ça me va comme ça.

— Soit on est une femme soit on n’en est pas une.

— Et bien moi, parfois, je me sens femme, parfois je me sens homme. Parfois je me sens un peu les deux en même temps. Et, parfois encore, je ne me sens ni l’un ni l’autre.

— C’est trop bizarre.

— Non, c’est rare, c’est tout. Je ne suis pas la seule personne dans ce cas.

— Tu n’as jamais été tentée de te faire opérer ?

— Putain, marmonna Camille, si j’avais gagné cent balles à chaque fois qu’on m’a demandé ça… Apparemment tu n’as pas la moindre idée de ce que représente une telle opération.

— Il y en a bien qui le font.

— Les personnes qui se lancent dans une transition en passant par la prise d’hormone, la psychothérapie et la chirurgie n’ont pas d’autre choix, Julie ! Pour elles c’est une question de vie ou de mort, c’est une seconde naissance. C’est ça ou le suicide, répondit Camille aussi calmement que possible. Ça n’empêche que ça reste extrêmement éprouvant physiquement et psychologiquement, et que, en plus, c’est un parcours du combattant sur le plan administratif… Bref… Si parfois je me suis senti mal dans ma peau, je n’ai jamais pour autant été tenté de près ou de loin par une telle option.

— Donc toi, au fond, ça te va très bien d’être un mec ?

Camille posa son couteau, mit ses mains sur ses hanches, et fit face à Julie.

— Tu vois un mec quand tu me regardes ? Sincèrement.

— Heu… Même maintenant que je sais pour toi, en fait, non, pas vraiment. Mais je n’arrive plus à voir une fille non plus.

— Et bien c’est parfait ! Sur ce plan là, au moins, tu me vois comme je suis !

— Et Clément, il te voit comment?

— Demande-le-lui.

— Tu ne veux pas me dire ?

— Lui et moi on se découvre. Ce n’est pas simple. La manière dont il me perçoit, je ne peux que la supposer. Je sais qu’il m’aime et c’est tout ce qui m’importe. Et puis, ça ne te regarde pas, ma belle, désolé.

— Je ne te demande pas ce qui se passe au lit entre vous.

— C’est tout comme. Et je ne comprends pas bien en quoi ça peut t’intéresser.

— Tu me trouves indiscrète ?

— Pour être franc, oui.

Elle soupira, comme une gamine contrariée à qui on refuse un caprice.

— Je m’intéresse à toi. C’est mal ?

— Non, Julie, ce n’est pas à moi que tu t’intéresses, mais à un point de détail. Sans vouloir te vexer, c’est un peu du voyeurisme.

— Tu sors avec mon frère. Tu ne le connais pas aussi bien que moi. Moi, je t’aime bien, et je n’ai pas envie qu’il te brise le cœur comme il l’a fait avec d’autres filles. Tu sais, c’est un homme à femmes. Tu n’es peut-être qu’une expérience pour lui.

S’il n’avait pas été aussi sûr de l’amour de Clément, Camille aurait été très déstabilisé par cette remarque frôlant la malveillance. Rien que pour cette raison, il fut tenté de lui clouer le bec de la façon la plus virulente qui soit. Il se retint cependant.

— Bien que je persiste à dire que ça ne te regarde pas, je peux t’assurer que si ton frère se lasse de moi un jour prochain, ça ne sera pas pour la raison que tu crois.

— Comment tu le sais ?

— Je le sais parce que ce je possède entre les jambes lui plaît. Tu veux d’autres détails croustillants, peut-être ?

— Heu, non, merci, sans façon.

La franchise crue et inattendue de la réponse calma Julie. Evoquer les pratiques sexuelles de son frère lui semblait dégoûtant. Elle compris qu’elle ne pourrait creuser la question du mystère de Camille sans transgresser ce tabou. Elle avait maintenant l’air vraiment perdue.

— Tu as d’autres questions peut-être ? Tant qu’on y est, autant épuiser le sujet. Comme ça, on n’aura plus à y revenir, fit Camille, sur un ton acerbe en commençant à tronçonner le concombre avec nervosité.

— Oui, j’en ai une.

Camille poussa un soupir et interrompit son activité culinaire pour de bon. Il s’assit sur le tabouret haut et croisa les bras, à l’écoute.

— Comment tu faisais gamin? Je veux dire, avec les autres… Ça devait être hyper dur, non ?

— Gamin j’avais décidé d’être un petit mâle puissance dix pour qu’on me foute la paix. Pour survivre. Je m’étais même convaincu d’en être un. J’étais une teigne. J’étais violent. J’avais la haine sans comprendre pourquoi. Je faisais semblant du matin au soir sans même m’en rendre compte.

Le regard de Julie changea. Sa visible émotion, à cette confidence, poussa Camille à s’adoucir.

— Bref… Je souffrais.

— Ton côté fille n’existait pas ?

— Si, quelque part, caché au fond de moi, refoulé comme disent les psys… C’est pour ça que j’étais aussi mal dans ma peau et que je le faisais payer à tout mon entourage.

— Et ado ?

— J’étais plutôt éteint. Séduire les filles était la seule chose qui me faisait un peu sortir de mon mal-être.

— Tu as raconté tout ça à Clément ?

— Bien sûr.

— Mais qu’est-ce que tu ressentais exactement vers quinze ou seize ans ?

— J’avais souvent envie de mourir. Je m’automutilais en cachette. Je ne faisais que des conneries…

Julie, impressionnée par l’expression de Camille autant que par ses mots, ne sut plus que dire. Dans le contre jour déclinant, le jeune homme androgyne dégageait comme une aura. Son beau visage serein et son regard clair aux captivantes profondeurs, touchèrent la jeune fille d’une manière nouvelle. Camille sentit que son intérêt pour lui avait cessé d’être malsain.

— Tout était intériorisé, comme je te dis, même pas vraiment conscient. Je sentais que je n’avais pas le droit d’être qui j’aurais dû être ou que je n’en n’avais pas le courage. Si j’ai fait ce choix par défaut d’être un petit dur, c’est sans doute parce que je voulais plaire à mon père. Si j’avais eu des parents plus cool, plus à l’écoute, plus ouverts d’esprit, peut-être que je n’aurais pas eu si peur d’être moi-même plus tôt…

— Comment tu as fait pour te sentir mieux ?

— Je te passe les détails, sinon on va y passer la nuit, mais, en gros, j’ai eu comme un déclic la première fois que j’ai couché avec un mec. J’ai réalisé que je n’avais plus la force de sacrifier mon coté féminin et que, au contraire, j’avais un besoin vital de l’explorer. Et, à ma majorité, j’ai brusquement décidé d’assumer mon côté fille. J’ai même commencé à tellement aimer me travestir que j’ai occulté mon côté mec. Et c’est à cette époque que je me suis embrouillé avec mes parents. Avec mon père, surtout, qui ne me parle plus depuis.

— Te travestir ?

— Oui. J’étais aussi féminine que toi. Fringues, maquillages, cheveux longs, talons haut, bijoux, tout le tralala.

— Sérieux ? J’ai du mal à t’imaginer.

— C’était trop facile de bluffer tout le monde. Si je m’étais appelé Alain ou Richard, ça n’aurait pas été aussi simple, je te l’accorde.

— T’aimais ça, être une fille ?

— Au début, oui, ça m’a exalté… Mais en réalité, je suis retombé dans le même piège : ce n’était pas moi complètement. Et pour les relations amoureuses, ce n’était vraiment pas un bon plan de me faire passer pour une femme.

— Oui… J’imagine qu’il y avait un moment où ça devait coincer, forcément.

— Comme tu dis. Résultat des courses, j’ai continué à souffrir.

— Tu aurais pu dire que tu étais un travesti. Je crois qu’il y a des hommes qui aiment ça, non ?

— Le problème c’est que je ne me sentais pas du tout comme un homme travesti, mais vraiment dans la peau d’une fille. Et je voulais qu’on me perçoive comme ça. Même à poil… Je voulais l’impossible. Je sais, ça paraît absurde…

Julie, le sourcil froncé et les mains jointes devant la bouche, semblait plongée dans une intense perplexité.

— Ne te casse pas la tête à essayer de comprendre, va.

— Non, mais je me demandais un truc.

— Quoi donc ? fit Camille, à mi chemin entre l’appréhension et l’indifférence.

— Au final, comment tu te définis sexuellement ?

— Sexuellement ? Heu, c’est un autre sujet… Et ce n’est pas moins compliqué. Tu es sûre que…

— Non, mais dans les grandes lignes.

— Dans les grandes lignes, dans les grandes lignes… Il n’y a pas de grandes lignes, dans mon cas. Durant ma vie, je me suis senti tour à tour tout et son contraire, à ce niveau là.

— Bon. Aujourd’hui, avec mon frère, par exemple. Tu te situes comment ? Vous êtes quoi, tous les deux ? Bis, homos, hétéros ?

— Des amoureux. On n’est seulement des amoureux. Pour le reste, je n’en sais rien.

Devant l’air, cette fois, ahuri de Julie, qui apparemment attendait de pied ferme une réponse précise Camille fut tenté de jeter l'éponge. Il était temps d'abréger.

— Si on veux faire simple, on peut dire que Clément et moi sommes bisexuels tous les deux, même si c’est inexact. Mais si tu veux un conseil, oublie cette question qui n’a en soi aucun intérêt. Mieux vaut que tu te sortes du crâne toutes les étiquettes en ce qui nous concerne.

— Je ne peux pas, se lamenta Julie. Je voudrais comprendre un minimum.

Camille soupira, ferma les yeux afin de mieux se concentrer et ne les rouvrit qu’une fois les mots adéquats trouvés.

— Bon, alors, disons plutôt que ton frère est hétéro, parce qu’il me perçoit comme une fille quatre-vingt-dix pour cent du temps, je pense, mais que ça ne l’empêche pas d’avoir des envies que l’on prête traditionnellement aux gays (ce qui est débile, parce que des tas de mecs hétéros ont ces goûts là, bref…). Ce n’est même pas moi qui lui ai fait découvrir ça, mais la nana avec qui il sortait avant moi. De mon côté, je t’avoue franchement que je n’ai jamais vraiment eu le temps de prendre la tête avec ces questions. J’étais déjà bien content quand ça fonctionnais avec quelqu’un, fille ou garçon. Jusqu’ici, si on excepte mon ex qui était un mec gay, je suis principalement sorti avec des filles hétéros.

— Ah bon ? Donc, tu serais plutôt hétéro, alors ?

— Avec les filles, oui… répondit Camille que la conversation commençait à sérieusement éprouver. Mais avec mon ex j’étais un mec homo (enfin, en privé seulement).

— Comment ça, en privé seulement ?

— Mickael n’assumait pas son homosexualité, du coup, pour les autres, ses potes, ses collègues, on s’affichait comme un bon petit couple traditionnel hétéro.

— Non ? Tu plaisantes ?

— Pas du tout. Il fallait vraiment que je l’aime pour que cette comédie dure deux ans !

— C’est démentiel, s’exclama Julie, ahurie.

— Comme tu dis.

— En fait, si on fait le compte, tu as expérimenté tous les cas de figure.

— Oh, non, ça m’étonnerait. Enfin, je ne sais pas… Comme pour tout le monde, chaque histoire que j’ai vécue a été très différente des autres.

— Avec Clément, c’est la première fois que tu sors avec un homme hétéro ?

— Julie…

Camille n’en pouvait plus de cet interrogatoire en règle et, à sa seule expression suppliante, il fit comprendre à son interlocutrice qu’il atteignait ses limites.

— Quoi ? fit timidement celle-ci.

— Je réponds à cette dernière question et on arrête là, d’accord ? Ça commence à sérieusement me fatiguer de parler de tout ça.

— OK…

— Non, ce n’est pas la première fois que je vis une histoire avec un homme hétéro. Par contre, c’est la toute première fois de ma vie que la personne avec qui je sors me prend comme je suis. Ton frère accepte tout ce que je suis. Avec lui, je ne suis pas obligé de composer ou de mettre de côté une part de moi-même. Il me fait découvrir le bonheur d’être soi-même dans les bras d’une personne qu’on aime, et ça, tu vois, ça n’a pas de prix. Il me rend heureuse.

— Heureux ou heureuse ? sourit Julie, soudain très émue.

— J’ai bien dit « heureuse ». Et on a dit : plus de questions.

— OK, pardon.

Clément revint à ce moment précis, chargé de deux sacs de courses.

— Tiens, revoilà l’homme de la maison, fit Camille en s’élançant à sa rencontre.

Julie, pas moins épouvantablement courbaturée qu’un quart d’heure auparavant, se contenta de tourner la tête pour les observer. Les voir se sourire, s’embrasser brièvement, sentir leur complicité amoureuse si flagrante, ne la contraria pas comme la veille. Sans doute s’y ferait-elle plus vite que prévu. Ils n’étaient pas si mal assortis, finalement. Pas plus mal assortis, en tout cas, qu’Ismaël et elle ou que Judith et Stéphane… Camille débarrassa Clément de son fardeau afin qu’il puisse se défaire de sa veste, et entreprit de ranger chaque chose à sa place, dans les placards ou le frigo. Elle laissa à portée de main uniquement ce qui servirait d’ici peu, bouteille d’apéro, mini-pizzas à faire au four, olives vertes à l’ail, chips et biscuits apéritifs.

— Alors, de quoi vous avez parlé, les filles ?

— De rien, répondit Julie.

— De toi, répondit Camille, en même temps.

Elles se regardèrent, surprises, et pouffèrent en chœur.

— Je vois, alors comme ça, pour ma petite sœur, je ne suis rien ! plaisanta Clément, heureux de constater la manifeste et nouvelle complicité entre les deux filles.

— N’importe quoi, rétorqua Julie.

Soulagée que son tête-à-tête périlleux avec la jeune fille se fût enfin achevé, et ce de manière plutôt positive, et comme allégée d'un poids, Camille eut envie d'un baiser. Sans prévenir, elle sauta au cou de Clément et, le capturant de sa douceur suffisamment longtemps pour qu’il finisse pas en fermer les yeux, l'embrassa sur la bouche avec ferveur. Revenant à lui après la tendre étreinte, un peu inquiet, il lança un coup d’œil à sa sœur. Celle-ci, troublée, les regardait, un demi sourire sur les lèvres. A n’en pas douter, en sa brève absence, ces deux là avaient discuté de manière constructive. Voilà qui était bel et bien.