Le blog de l'Errance

La vie m'étonne chaque jour : le pouvoir des mots, la beauté de l'amour et du corps dans l'intimité et la magie de l'anodin quotidien… J'aime être en vie et vous le dis.

08 mai 2008

Encore le bleu du ciel

Lire ces mots me prive quasiment de l'envie d'écrire...

"Je le lis tous les jours, même quand il n’écrit pas. Jadis, je me suis inquiété de le savoir triste, à la recherche de celui qui tardait. Puis vint leur tour, lit de roses. Hier, j’ai marché sous les voûtes, admirant son travail, ces visages dont il a le secret, comme s’il savait - lui - où vont les doutes. J’ai risqué quelques phrases, pas longtemps, son monastère entre nous. Son visage est d’un doux qu’on prête aux écorchés ; ses yeux sont d’un bleu malicieux qui le prémunit des ténèbres ; sa voix refait chaque jour sa vie pourvu qu’il y ait quelqu’un. Je suis rentré chez moi avec du beau sur les heures. Ces mots sont pour lui, puisque je ne peins pas."

Le bleu du ciel

Posté par kitty78 à 00:14 - CITATIONS - Commentaires [9] - Permalien [#]

02 février 2008

L'Art selon José Muñoz

"La musique, le dessin, la littérature, la danse… ont tous un but commun : nous entretenir, dans le meilleur sens du terme. Ce ne sont que des subdivisions de spécialistes de la création de sens. Je pense qu'il n'y a pas de distinction à faire entre arts majeurs et arts appliqués. Tout est voué à nous enrichir. Les arts sont le travail de l'espèce pour se donner un minimum de dignité dans l'attente de la mort."

Entretien avec José Muñoz - Canal BD janvier 2008

Interview compète > ICI <

Posté par kitty78 à 12:15 - CITATIONS - Commentaires [2] - Permalien [#]

20 mars 2007

Gagner l'aéroport

Chacun veut que se relance l'hélice
Chacun aime rêver de ça
Chacun veut que tous les mécanos réagissent
À la moindre alerte bleue
Pour un feu
Des brindilles
Un lapsus
Une ortie
Loin de son quartier nord
Chacun veut gagner l'aéroport

Chacun tremble au bruit de ce chuchotis
Cherche un passage à claire-voie
Pour du lu pour un fa
Pour un do pour un ris
Chacun silencieux guerroie
Dézippé
Traversant des salons endormis
Faune extrait du magma
Chacun veut gagner l'aéroport

Chacun veut du réacteur d'émoi
La mise à feu
Pour un oui pour un non
Une voix
Chacun veut
Veut quitter le point mort
Et caché au fond
Mes amis
Gagner l'aéroport

Chacun tapant sur sa cloche d'airain
Murmure les temps ont changé
Mais leur système nerveux interpose des chiens
Mieux vaudrait ne pas broncher
Se déchaînent molécules
Des ailes que nous sommes
Par les branches du ciel
On gagne l'aéroport

Chacun veut du réacteur d'émoi
La mise à feu
Pour un oui pour un non
Une voix
Chacun veut
Veut quitter le point mort
Et caché au fond
Mes amis
Gagner l'aéroport

(Tiré de l'abum de Jean-Louis Murat : A bird on a poire
très joli album chanté en duo avec jennifer Charles et mis en musique par fred Jimenez)

Posté par kitty78 à 23:11 - CITATIONS - Commentaires [3] - Permalien [#]

18 mars 2007

Esprit libre

« On appelle esprit libre celui qui pense autrement qu'on ne s'y attend de sa part en raison de son origine, de son milieu, de son état et de sa fonction, ou en raison des opinions régnantes de son temps. Il est l'exception, les esprits asservis sont la règle »
Nietzsche, Humain, trop humain (I, § 225)

J'aime beaucoup cette définition de Nietzsche et j'aimerais, un jour, parvenir à m'y reconnaître. Combien de carcans et de mues, encore, à défaire des épaules de mon âme avant d'y parvenir? C'est si confortable, sans doute, de se demeurer "asservi"… l'audace de penser à contre courant demande tant de caractère et de goût du risque…

Posté par kitty78 à 13:57 - CITATIONS - Commentaires [8] - Permalien [#]

28 décembre 2006

Octavio Paz a écrit…

sable2   La poésie
sème des yeux sur la plage
sème des mots dans les yeux

   Les yeux parlent
les mots regardent
les regards pensent.

Octavio Paz - Dire : faire

Posté par kitty78 à 08:30 - CITATIONS - Commentaires [5] - Permalien [#]

24 octobre 2006

Ricardo Reis (Fernando Pessoa) écrivit…

Des fruits, seuls nous en donnent les arbres qui vivent,
Et non pas l’illusoire esprit, qui s’orne à peine
        Des livides fleurs
        De l’abîme intérieur.

Que de royaumes dans les êtres et les choses
Ne t’es-tu pas, chimérique, taillés ! Et tous
        Sans en jouir tu les perdis,
        Déchu avant que de régner.

Ah, sur l’adversité, de tant de rien tu es, en personne,
Vainqueur unique, en vain ! La vie est sans chemin.
        Abdique, et sois
        Roi de toi seul.

Posté par kitty78 à 20:41 - CITATIONS - Commentaires [8] - Permalien [#]

et aussi…

Ne veuille point, Lydia, édifier dans l’espace
Que tu te figures futur, ni te promettre
Un lendemain. Accomplis-toi dès ce jour en laissant
        D’espérer. Toi seule tu es ta vie.

Ne te prédestine pas, car tu n’es pas au futur.
Qui sait si, entre cette coupe que tu vides
Et la coupe à nouveau remplie, pour toi le sort
        N’interpose l’abîme.

Posté par kitty78 à 20:39 - CITATIONS - Commentaires [2] - Permalien [#]

26 septembre 2006

Devinette

La réponse est > ICI (et ailleurs) et si vous voulez plus de citations avant le coup de poing du visionnage, vous pouvez aller > LÀ

fightclub10  Marla2

De quel film est-ce tiré?

"Perde tout espoir. C'était cela la liberté."

"J'étais le petit centre chaud autour duquel se pressait toute la vie."

"— Et toi, pourquoi tu viens là?
— Parce que, quand les gens croient qu'on est mourants, ils écoutent ce que l'on dit…
— … Au lieu d'attendre leur tour pour parler?
— Oui."

"Sur une période suffisamment longue, l'espérance de vie de chacun d'entre nous se réduit à zéro."

"Vous avez une sorte de désespoir hystérique dans votre rire."

"Nous sommes les sous-produits d'un mode de vie devenu une obsession."

"Les choses qu'on possèdent finissent par nous posséder."

"Comment tu peux te connaître si tu ne t'es jamais battu? Moi, je ne veux pas mourir sans cicatrices."

"Après un combat, tout le reste de la vie prenait beaucoup moins d'importance."

"Partout où nous allions nous prenions l'exacte mesure de la réalité."

"Même la Joconde subit les outrages du temps."

"Vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout"

"Tu as déjà entendu les râles de l'agonie?"

"Ouai, hé bien Marla, elle, au moins, elle essaye de toucher le fond."

"On n'a pas eu de Grande Guerre ni de Grande Dépression. Notre Grande Guerre c'est nos vies, notre Grande Dépression c'est nous-mêmes."

"Je ne sais pas. J'avais envie de détruire quelque chose de beau…"

"On a frôlé le Vie, là."


Posté par kitty78 à 08:30 - CITATIONS - Commentaires [12] - Permalien [#]

18 septembre 2006

Antonin Artaud a écrit...

"Cette douleur plantée en moi comme un coin, au centre de ma réalité la plus pure, à cet emplacement de la sensibilité où les deux mondes du corps et de l'esprit se rejoignent, je me suis appris à m'en distraire par l'effet d'une fausse suggestion.
L'espace de cette minute que dure l'illumination d'un mensonge, je me fabrique une  pensée d'évasion, je me jette sur une fausse piste indiquée par mon sang. Je ferme les yeux de mon intelligence, et laissant parler en moi l'informulé, je me donne l'illusion d'un système dont les termes m'échapperaient. Mais de cette minute d'erreur il me reste le sentiment d'avoir ravi à l'inconnu quelque chose de réel. Je crois à des conjurations spontanées. Sur les routes où mon sang m'entraîne il ne se peut pas qu'un jour je ne découvre une vérité."

Antonin Artaud (à André Gaillard) - Fragments d'un Journal d'Enfer (1926)

Posté par kitty78 à 14:12 - CITATIONS - Commentaires [20] - Permalien [#]

04 septembre 2006

"Introduction à la vie non-fasciste" de Foucault

"Cet art de vivre contraire à toutes les formes de fascisme, qu’elles soient installées ou proches de l’être, s’accompagne d’un certain nombre de principes essentiels, que je résumerais comme suit si je devais faire de ce grand livre un manuel ou un guide de vie quotidienne :

- libérez l’action politique de toute forme de paranoïa unitaire et totalisante ;

- faites croître l’action, la pensée et les désirs par prolifération, juxtaposition et disjonction, plutôt que par subdivision et hiérarchisation pyramidale ;

- affranchissez-vous des vielles catégories du négatif (la loi, la limite, la castration, le manque, la lacune), que la pensée occidentale a si longtemps sacralisées comme forme du pouvoir et mode d’accès à la réalité.
Préférez ce qui est positif et multiple, la différence à l’uniforme, le flux aux unités, les agencements mobiles aux systèmes. Considérez que ce qui est productif n’est pas sédentaire, mais nomade ;"

Michel FOUCAULT, Dits et Ecrits III.

Posté par kitty78 à 17:49 - CITATIONS - Commentaires [4] - Permalien [#]



« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »